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Whisper

Rivertime: Le miroir des mondes

le 12/04/2008 à 20h40

Chapitre 1 : Le désir de vengeance

 



                 

 



_ Kitty à Ana-Lyse ! Je suis en position A !

 



_ Reçut Kitty ! Ana-Lyse, à Cosette ! Je suis en position B !

 



_ Cosette à Kitty ! Je me suis cassée un ongle !

 



_ COSETTE !!!!

 



_ Pardon, Kitty ! Je suis en position B !

 



_ B ???

 



_ Pardon les filles ! C !! Je suis en position C !

 



_ Tu veux tout faire échouer ou quoi ? la réprimanda Ana-Lyse.

 



_ Ne recommence pas avec tes ongles où j’use de mes pouvoirs sur toi ! la menaça Kitty. Attention ! L’objectif bouge.

 



                Une forme se dessinait dans la nuit. Un homme de petite taille tenant une canne à la main s’avança dans l’entrepôt désaffecté de la ville de Witchcraft, la capitale d’un pays appelé Rivertime. L’endroit était lugubre, seul un rayon de lune filtrait par une grille au milieu du plafond. L’homme s’avança jusqu’à la lumière. Ses cheveux d’argent étaient épais et bouclés, des petites lunettes noires tenaient en équilibre sur son nez,  son sourire était mauvais et il était richement vêtu.

 



_ Quatre années se sont écoulées depuis que nous avons été emprisonnés ! annonça l’homme riche. Mais grâce à mon argent, nous avons finalement put sortir de prison.

 



_ Oui, c’est grâce à vous patron ! répondit un homme qui faisait deux fois sa taille.

 



                L’homme s’avança vers les rayons de la lune. Il était grand d’environ deux mètres, ses cheveux bleuâtres étaient longs. Son torse était nu et musclé. Dans sa main droite, qui semblait-il artificielle,  tenait une lance.

 



_ Sais-tu pourquoi nous nous retrouvons ici, Annibale ? demanda son patron.

 



_ Cet entrepôt vous appartient !

 



_ Exactement ! Il s’agit d’un entrepôt désaffecté. Ici, nous sommes au calme, nous pouvons discuter tranquillement d’un sujet très important à mes yeux.

 



_ De quoi s’agit-il parton ?

 



_ De la vengeance !

 



                Kitty était cachée derrière un immense poteau non loin des deux hommes. Ses yeux verts luisaient dans le noir, ils pétillaient de haine.

 



_ Vous voulez vous venger ? s’étonna Annibale. Intéressant ! De qui voulez-vous vous venger ?

 



                Un mauvais sourire se dessina sur le visage du petit homme riche à la coiffure d’un caniche.

 



_ De toute cette ville appelée Nuada ! annonça-t-il.

 



                Les trois filles eurent des frissons dans leur dos.

 



_ De toute la ville ? s’intrigua Annibale. Pourquoi toute ?

 



_ Nous sommes allés en prison à cause des résidents de cette ville : Cette Marie qui nous à refusée la vente de sa taverne, sa fille qui veut venger son père que tu as tué, cette Ana-Lyse qui nous a dénoncés à la police dirigée par cette gamine… c’est quoi son nom déjà ?

 



_ Fujiwara Kido !

 



_  Et son père, Le seigneur de Nuada qui nous avait condamnés à une peine à perpétuité… Heureusement que mon argent a beaucoup d’influence sur certaines personnes. J’ai réussit à influencer des personnes qui m’ont fait juger par d’autres seigneurs que j’ai payés lourdement. Et aujourd’hui nous voila…

 



_ TE VOILA PRET A RETOURNER EN PRISON ASSASSIN !!!!

 



                Kitty était sortie de l’ombre et se ruait sur l’homme riche. Annibale intervint, retenant les coups de la jeune adulte.  Kitty essayait de frapper fort son adversaire, mais celui-ci n’avait apparemment pas la moindre trace de graisse dans ses muscles.

 



_ Kitty !!! se plaignit Ana-Lyse. Tu ne devais pas intervenir tout de suite !

 



_ Tu dis que je suis stupide, mais là, reconnais que Kitty m’a battu ! s’excusa Cosette qui avait rejoint Ana-Lyse.

 



                Ana-Lyse, agacée la frappa sur la tête.

 



_ Tais-toi un peu !

 



_Aïe ! Je vais avoir une bosse !

 



_Pas grave  et tais-toi !

 



Kitty se battait telle une furie. Elle lançait des coups de poings, des coups de pieds, mais malheureusement pour elle, Annibale paru chacune de ses attaques.

 



_ Tu vas payer pour tout le mal que tu as fais, Dévanos ! gronda Ana-Lyse en lui lançait un regard noir et dévoilant ses dents blanches, pointues.

 



                Celui-ci prit peur et s’enfuit en courant.

 



_ Cosette ! Vas aider Kitty, je m’occupe de cette tête de caniche !

 



_ D’accord Ana-Lyse ! Mais pas de bêtises, tu ne dois pas le mordre !

 



_ Je n’en boirai pas une seule goutte ! promit Ana-Lyse.

 



                La vampire le poursuivit, alors que Cosette allait  donner un coup de main à Kitty. Les yeux bleus de Cosette se ridèrent et sa vue changea de dimension : tout était blanc au lieu de noir, elle voyait avec précision et au ralentit les coups que Kitty et Annibale échangeaient. Elle voyait également les flux d’énergie qui circulaient dans leurs corps. Cosette se para et affronta à son tour l’homme armé d’une lance.

 



_ Ce regard… apeura-t-il. Tu es… Fujiwara Kido ?

 



_ Ne me confondez pas avec ma petite sœur ! gronda Cosette.

 



                Elle attrapa le poing droit d’Annibale. Celui-ci rit.

 



_ Dans ce cas, tu es l’héritière de Nuada ! Le membre le plus faible de la famille Kido. Sache que ta charmante petite sœur m’avait déjà liquéfié ce poignet, il y a quatre ans ! C’est une prothèse !

 



                Annibale détacha son poing de l’étreinte de Cosette, tout en maintenant à distance Kitty.

 



_ Cosette ! interpela Kitty. Retiens-le autant que tu peux, je vais à la poursuite de Dévanos !

 



_ Sois prudente ! conseilla Cosette qui reprit le combat contre Annibale.

 



                La jeune héritière continua de donner des coups avec ses mains, mais Annibale était assez rapide pour se protéger avec sa prothèse. Il en rit.

 



_ Les rumeurs sont donc vraies ! Tu es vraiment plus faible que ta gamine de sœur ! Il y a quatre ans Fuji-Chan donnait des coups de poing bien plus forts ! Et elle était beaucoup plus rapide !

 



                A ce moment, Cosette se prit une lance sur le coté droit, la faisant atrocement souffrir. Pourtant elle se ressaisit et réussit à frapper son adversaire qui s’effondra au sol : elle avait visé les deux cuisses. Il brandit à nouveau sa lance, Cosette voulut briser la lance avec son pouvoir mais ne réussit qu’à briser le manche, tandis que la lame s’enfonça dans son ventre. Elle s’effondra mais réussit à frapper une dernière fois  Annibale. Cosette tomba inconsciente.

 



 A l’extérieur, la vampire scrutait le mécréant dans la pénombre.

 



_ Je sais que tu es là ! lui annonça-t-elle. Je sens ton odeur nauséabonde et j’entends chaque battement de ton cœur ! Quelle musique !

 



                Dévanos sortit à ce moment de l’ombre, alors que la vampiresse lui tombait dessus. Il eut juste le temps de brandir sa canne. Il avait enlevé le bout arrondit qui touche terre. Celle-ci  révélait une lame affutée ! C’est pour ça qu’Ana-Lyse se retrouva transpercé droit au cœur.

 



                Kitty arriva à l’extérieur de l’entrepôt.  Le ciel était parsemé d’étoiles et la lune était pleine.

 



_ Ana !!! appela-t-elle.

 



_ Kitty…

 



                Ana-Lyse apparut devant son amie, sortant de la pénombre. Elle était transpercée en plein cœur avec  la canne de Dévanos.

 



_ Ana… Que s’est-il passé ? apeura Kitty.

 



                La vampiresse s’effondra à terre ruisselante de sang.

 



_ Elle s’est ruée sur moi ! expliqua Dévanos camouflé dans l’ombre. Malheureusement pour elle, ma canne sert aussi en guise d’épée ! Elle ne va pas tarder à mourir, ta copine la vampire.

 



                Kitty s’agenouilla auprès de son amie et retira la canne-épée.  Posant ses mains sur le cœur de son amie, un flux bleuâtre s’en échappa.

 



_ Je ne m’en fait pas trop pour elle ! expliqua Kitty. Ana-Lyse n’est plus l’adolescente qui a avertit la police, il y a quatre ans. Depuis quelques jours maintenant, elle est une Toréadore ! Contrairement à ce que l’on raconte, les vampires ne meurent pas d’un pieu dans le cœur, l’eau bénite non-plus ne marche pas et encore moins les croix ! Associés à mes pouvoirs, guérison ou autres, sa régénération se fera plus rapidement qu’elle ne va déjà…

 



                Dévanos sortit de l’ombre, il tenait à présent dans les mains un révolver qu’il brandissait sur Kitty.

 



_ Les mains en l’air ! ordonna-t-il à la jeune fille.

 



                Kitty ne pouvait qu’obéir, elle n’était pas  à l’épreuve des balles.

 



_ Tu vas venir avec moi !

 



_ Ok !

 



                Dévanos entraina Kitty à l’intérieur de l’entrepôt. Kitty poussa un cri d’effroi : à terre gisait le corps de Cosette.

 



_ Cosette !!!

 



_ Elle agonise ! lui lança Annibale.

 



                Il se trainait au sol grâce à sa main droite artificielle.

 



_ Cette fille… elle m’a fait plus mal que sa sœur à l’époque…

 



_ Relève toi Annibale ! ordonna Dévanos.

 



_ Je ne peux pas patron… Vous savez bien que le pouvoir des Kido peut liquéfier les os… Je souffre…

 



_ Dans ce cas tu ne m’es plus utile, Annibale !

 



                Il pointa son arme sur son homme de main, Kitty profita de son manque d’attention et fit voler le révolver grâce à un coup de pied. Dévanos fut à nouveau effrayé. Sans arme, il n’était rien. Il ne pouvait plus cacher sa frayeur. Il voulut s’enfuir à nouveau mais Kitty l’attrapa par ses boucles d’argent.

 



_ Reste-là ! lui ordonna-t-elle.

 



                Il fouilla ses poches : rien ! Mais quelque chose semblait être dans la doublure de sa veste de costume. Dans la panique de se retrouver sous l’emprise de cette jeune adulte, Dévanos déchira la doublure de sa veste, saisit le poignard qui s’y trouvait et blessa la sorcière. Kitty recula d’un bon la main gauche à son épaule droite blessée. A terre, Annibale rampa jusqu’à l’ombre et s’y camoufla.

 



_ Pourquoi es-tu venu jusque là ? interrogea Dévanos. Tu as tant envie que ça de rejoindre ton lamentable père ?

 



_ Je vous interdis  d’insulter mon père !!

 



                Sans réfléchir, Kitty se rua sur son ennemi qui brandissant son poignard, entailla le coté droit de la jeune sorcière. Elle s’effondra à terre sous la douleur. Annibale rampa jusqu’à elle, il tenait dans sa main de prothèse, un bout de lance : ce qui restait de son combat contre Cosette Kido. Il glissa la pierre affutée sous la gorge de la sorcière.

 



_ Je vous ferais payer toutes vos calomnies… commença Kitty.

 



                Annibale écorcha le cou de la sorcière.  

 



 

Rivertime: Le miroir des mondes

le 14/04/2008 à 22h36

Chapitre 2 : Attaque à la taverne de Marie

 




 




 




 



Le soleil était haut déjà haut, mais une adolescente d’une quinzaine d’années dormait encore, la tête cachée sous l’oreiller.

 



_ Kitty ! Debout ! l’appela sa mère depuis la cuisine.

 



                L’adolescente se réveilla en sursaut.

 



_ Mais ??! apeura-t-elle. Il fait jour ?! Maman ! Je t’ai déjà dit de me réveiller aux aurores pendant les vacances!

 



                Elle se hâta à descendre les escaliers en trombe sans prendre le temps de s’habiller ni de faire sa toilette.  Kitty Andrieu avait quinze ans. Elle vivait chez ses parents qui tenaient une taverne à l’entrée de la petite cité de Nuada. Andrieu, le père de Kitty tenait le bar, tandis que sa femme Marie, faisait la cuisine. Kitty, elle, se contentait de servir les clients quand elle le pouvait : pendant les vacances, après l’école et les week-ends. Ce matin-là, Kitty s’était réveillée tard, pas loin de midi. Ce n’était pas dans ses habitudes de faire la grâce matinée pendant les vacances.

 



_ Pourquoi tu ne t’es pas habillée ? lui demanda sa mère en la voyant entrer dans la cuisine avec un simple T-shirt et une culotte pour tout vêtement. 

 



_ Pas le temps ! répondit-elle prestement en avalant un bol de chocolat chaud. J’avais promis à Ana-Lyse que je l’aiderai aux champs avec sa mère à l’aube ! Je suis en retard ! Et puis bonjour d’abord !

 



_ Houlà oui ! rit sa mère. Excuse-moi ! Bonjour. Je ne comprends pas ! Tu te couche pourtant à huit heures et demi tous les soirs et on dirait pourtant que tu ne dors pas assez… peut-être que tu dors trop ?

 



_ J’étais peut-être un koala dans une autre vie ! rit Kitty en posant son bol dans l’évier. Je vais servir les clients !

 



                Elle prit les plateaux qui l’attendaient et entra dans la salle principale sous le regard des clients. Les femmes étaient outrées, tandis que les hommes la regardaient d’un œil amusé et désireux.   

 



  _ Elle devient chaque jour un peu plus jolie notre petite serveuse ! rit un homme en lui donnant une petite tape sur les fesses.

 



                Sa femme à coté de lui, lui donna un coup de sac à main.

 



_ Mais… ma douce…

 



                La femme partit sans demander son reste suivit par son mari, qui lui courra après. En passant la porte, ils croisèrent une adolescente d’un an plus jeune que Kitty. Ses cheveux noirs ébène étaient épais, bouclés et lui retombaient au dessous de la ceinture ; Ses yeux étaient verts glacés, tel un brin d’herbe sous le givre du printemps ; quant à sa peau elle était blanche d’origine. Il s’agissait d’Ana-Lyse Duboeuf, la meilleure amie de Kitty Andrieu.

 



_ Eh bien ma Kitty adorée ! rit Ana-Lyse en la découvrant. Un T-shirt ample et une culotte suffisent à t’habiller !

 



                Kitty lui sourit un peu gênée.

 



_ Je suis en retard ! Désolée !

 



_ Ce n’est pas grave ! rit Ana-Lyse. Tu ne t’es pas réveillée, ce n’est pas un drame ! Tu as juste raté un barbotage dans la boue des champs !

 



                Ana-Lyse fit découvrir à tous le monde qu’elle était enduite de boue jusqu’au cou. Kitty rit à son tour.

 



_ Ok ! Pourquoi tu ne t’es pas débarbouillée avant de venir me chercher ?  Tu n’as pas fini le boulot et tu veux que je vienne t’aider à terminer ?

 



_ J’ai terminée ! assura sa meilleure amie. Avec ma mère on fait notre dur labeur ! Seulement… Le puits est au milieu du village et déjà que je ne suis pas très appréciée… Je me demandais si…

 



_ Tu peux emprunter la salle de bain ! dit une voix venant du comptoir.

 



                Il s’agissait d’Andrieu, le père de Kitty. Celui-ci avait été un ange autrefois ! Mais le destin a voulu qu’il tombe amoureux d’une mortelle et avoir un enfant avec elle : Kitty. Une telle union avait été interdite par celui qui ce faisait appeler  l’Autorité, l’Unique… Un seul dieu était resté pour être adoré à ce moment là. Ce ne fut que plus tard que les autres dieux, revinrent en force pour démontrer qu’il n’était pas aussi unique qu’il le prétendait. Mais le mal avait déjà été fait ! Les ailes d’Andrieu étaient déjà coupées et ne pouvaient lui être rendues. Il était à présent, doté d’une véritable enveloppe charnelle, dans l’obligation de vivre comme un mortel parmi les mortels. Malgré qu’il se marie avec Marie Fox, la fille du boulanger de Nuada, la femme dont il était amoureux et avait eut Kitty avec elle, il ne se remit jamais d’avoir perdu ses ailes. Ce pourquoi il avait toujours été s’était écroulé : il ne pouvait plus veiller sur les humains dans le besoin. Une profonde blessure qu’il cicatrisait avec l’alcool. Mais voyant la peine que cela causait à sa femme et à sa fille, il décida d’arrêter. Il en devint leur fierté. Bien qu’il s’occupait encore du bar !

 



_ Je peux utiliser votre salle de bain ? s’enthousiasma Ana-Lyse. Oh merci infiniment !

 



                Elle se précipita au premier, où l’attendait la petite salle de bain. Celle-ci n’était pas très grande, et bâtit de bois de pins et de pierres. L’eau était courante chez les Andrieu, malgré qu’ils ne soient pas aussi riches que les autres villageois. Chez les Duboeuf, l’eau n’était pas encore courante. Ils étaient bien trop pauvres pour avoir un tel système. Chaque matin, Ana-Lyse allait chercher de l’eau au cœur de Nuada. Elle, elle habitait dans la forêt située à trois kilomètres de la citée. A cause de sa pauvreté, elle était la risée  du village. Mais elle avait trouvée chez les Andrieu, la douceur angélique de l’amitié, et s’y sentait bien. Alors qu’elle baignait dans la baignoire en pierres, elle pensait à tout ça, loin de s’imaginer qu’au rez-de-chaussée, il allait y avoir un drame…

 



_ Andrieu, tu boiras bien un verre avec nous ! proposa un client.

 



_ Non merci ! refusa celui-ci. Je ne bois plus d’alcool !

 



                Kitty lui sourit. Elle était heureuse que son père ne soit plus tenté comme avant. Elle avait confiance. Il était fort ! A ses yeux d’enfant… Alors que tout le monde riait et buvait, Andrieu se sentait vraiment seul. Sa blessure d’entant n’avait jamais cicatrisée et la dépendance à l’alcool ne s’était pas effacé comme il l’aurait souhaité. Il suffisait qu’on lui propose un verre pour qu’il replonge en secret dans l’alcoolisme. Alors que personne ne le regardait, Andrieu glissa une bouteille dans son tablier et prétexta un besoin de prendre l’air pour sortir dehors. Il arriva dans la petite cours, traversa la rue et se posa sous un pommier, dans le pré en face de la taverne campagnarde. Il sortit la bouteille de sa cachette et la but goulument.

 



_ Kitty ! interpella sa mère.

 



_ Oui, maman ? répondit l’adolescente.

 



_ Tu peux aller me chercher du bois dans la remise ? J’ai besoin d’alimenter mon feu, sinon mes pâtés ne seront pas prêts à temps ! 

 



_ J’y vais !

 



                Kitty sortit par la même cours que son père avait emprunté deux minutes auparavant. La remise était à gauche de la porte en sortant de la taverne. Mais les yeux de Kitty se portèrent au loin droit devant elle ; elle voyait clairement que son père buvait dans une bouteille et qui, à l’évidence, ne contenait pas de l’eau. Avait-il voulu se cacher ? Il était pourtant si voyant face à la porte… Une douleur invisible atteint le cœur de l’adolescente. Portant ses main à son cœur, elle cru qu’elle tombait dans les pommes. Elle se gifla elle-même pour se ressaisir, prit son bois et fâchée, elle rentra, délaissant son père avec sa boisson. La trahison est le pire des poisons et en cet instant, Kitty se sentait trahit, trahit par son propre père en ayant rompu la promesse de ne plus boire d’alcool. Ce qui tira l’adolescente de sa colère fut de tomber nez à nez avec un homme avec un grand sabre, qui la tira d’un coup à l’intérieur de la taverne, l’envoyant au sol avec ses bûches de bois.

 



_ Qui vous a autorisé à violenter ma fille ? ! gronda Marie.

 



                Kitty reprit ses esprits et découvrit qu’elle était aux pieds un homme de petite taille, richement habillé, les cheveux argentés formant un amas de boucles, telles une coiffure de caniche toiletté. Il s’appuyait sur sa canne, un sourire mauvais aux lèvres, on ne distinguait pas ses yeux derrière ses lunettes noires. Derrière lui, deux hommes se dressaient : celui qui avait violenté Kitty, un homme torse nu, aux muscles fermes et sans graisse ; ses cheveux châtains étaient lisses et graisseux, son regard était narquois, et sa barbiche et ses moustaches fines ; il tenait dans ses mains un katana. L’autre homme, était moins carré mais autant musclé, ses longs cheveux filas étaient de la couleur d’un ciel d’été, un maquillage de guerrier marquait sa joue et son arme était une lance.

 



_ Que voulez-vous ? agressa Marie.

 



_ Votre taverne ! répondit avec rire le petit homme.

 



                La tavernière le regarda avec dédain.

 



_ Quel grossier personnage ! déclara-t-elle. Vous imaginez que je vais vous délaisser ma taverne juste parce vous la désirez !

 



_ J’obtiens toujours tout ce que je désire d’une façon ou d’une autre ! dit le riche individu en s’approchant de Marie. J’aime tout ce qui peut me rapporter de l’argent et la beauté…

 



                Il caressa la joue de Marie de sa main, mais celle-ci lui donna une droite.

 



_ Aucun homme ne me touche sans ma permission ! vociféra-t-elle.

 



_ Vous n’avez pas idée de ce que vous venez de faire ! grogna-t-il en se tenant son nez ensanglanté. Vous ne savez pas qui je suis !?

 



_ Un truand pervers ? proposa la tavernière.

 



                L’homme au katana frappa Marie du manche de son arme. Kitty laissa échapper un cri. La tavernière vacilla mais se remit vite sur ses jambes en jetant un regard noir aux trois hommes.

 



_ Je suis Dévanos Riche ! déclara-t-il. Le millionnaire !

 



_ Je suis sensée me prosterner devant vous en vous demandant pardon ? se moqua Marie.

 



_ Huor ! appela le millionnaire. Essaie de convaincre cette tavernière de nous céder la propriété de sa taverne !

 



_ Avec plaisir ! rit l’homme au katana.

 



                Il s’avança d’un pas rapide vers la tavernière et brandit son arme…

 


Rivertime: Le miroir des mondes

le 25/04/2008 à 21h39

Chapitre 3 : L’arrestation de Dévanos Riche

 




 



   

 



                Une bouteille vola en direction du truand au katana.

 



_ Qui a osé ? interrogea-t-il à moitié assommé.

 



                Tous se tournèrent en direction du lanceur de bouteille. Il était arrivé par la porte qu’avait franchit Kitty quelques instants auparavant. Il s’agissait d’Andrieu, le  père de l’adolescente. Lorsque Kitty avait été violentée, à l’étage Ana-Lyse avait sursautée dans son bain où elle s’était assoupie quelques minutes. S’étant couverte d’une serviette, elle avait descendu trois marches de l’escalier pour découvrir avec effroi une prise d’otage. N’ayant pas prit le temps de se revêtir, elle s’était évadée par la fenêtre de la salle de bain. Sa serviette s’était accrochée à un clou et elle était tombée du premier, entièrement nue et sans se faire mal. Andrieu l’avait aperçut depuis l’autre coté de la route. Il s’était aussitôt précipité vers elle. Avec hâte, elle lui expliqua se qui se passait à l’intérieur et alors il s’était, sans tardé, précipité à l’intérieur ordonnant à l’adolescente de prévenir la police. La jeune fille se trouvait mal… arrachant deux arbustes denses, elle courut en ville prévenir les autorités. Pendant ce temps, Andrieu défendait sa famille. Huor, les yeux injectés de sang, se rua sur le père de Kitty. Ce dernier esquiva à temps, prit sa fille dans ses bras et la poussa derrière l’épais comptoir du bar.

 



_ Vous n’aurez pas cette taverne ! jura-t-il en se postant devant sa femme. Et ce, même si vous me passez sur le corps !          

 



_ Serais-ce une invitation ? questionna le millionnaire en faisant un geste de la tête à l’homme à la lance, qui s’empressa de viser Andrieu droit au cœur.

 



_ NON !!

 



                Kitty se jeta sur l’homme qui menaçait ses parents, avant qu’il ne tire.

 



_ Lâche-moi ! scanda-t-il en la faisant rouler au sol. Tu vas me le payer, sale petite peste !

 



_ Kitty ! apeura sa mère qui se faisait mettre en arrière par son mari.

 



_ Annibale !

 



_ Oui, patron ?

 



_ Extermine cette vermine !

 



_ Avec plaisir !

 



                Le dit Annibale, s’apprêta à empaler l’adolescente ! Lorsqu’il enfonça sa lance, une mare de sang s’étendit au cœur de la taverne de Marie. La tavernière poussa un cri strident. Le millionnaire grinça des dents. Huor pouffa de rire. Annibale était surprit. Kitty était blanche comme un linge; Elle baignait dans cette mare de sang qui attirait le regard de tous. Sur elle, gisait le corps transpercé de son père ; ce dernier s’était interposer pour la protéger.

 



_ ICI
LA POLICE
 ! déclara soudain une voix enfantine et autoritaire, à l’extérieur.
LA TAVERNE EST
CERNEE, RENDEZ-VOUS !

 



_  Huor, vas voir ce qui se passe dehors ! ordonna Dévanos Riche.    

 



_ Je vais bien rigoler ! se réjouit-il en se dirigeant dehors.

 



                Dans la petite cours, Huor s’avança jusqu’au centre. Personne !

 



_ Moi qui pensait m’amuser… bouda l’homme en se grattant le dos avec son katana. Montrez-vous, c’est pas du jeu sinon !

 



                Une enfant vint à sa rencontre. Elle devait avoir une dizaine d’années, tout au plus. Ses longs cheveux lisses et blonds étaient remontés en queue de cheval, ses yeux étaient d’un bleu océan profond, sa peau rosée et duveteuse. Pour vêtement, elle portait un baggy orange fluo, surmonté d’une tunique verte pomme. Ses chaussures n’étaient que des chaussons de la même couleur  que son baggy.

 



_ Une gamine ? s’étonna Huor déçut.

 



_ Je suis Fujiwara Kido ! se présenta-t-elle. Fille du seigneur de cette cité et chef de la police !

 



                Huor éclata de rire.

 



_ Qui a-t-il de si drôle ? agressa-t-elle.

 



_ Chef de police ! rit à n’en plus pouvoir Huor. Tu m’as l’air d’avoir à peine une dizaine d’année et te voila proclamée chef de police ! C’est trop drôle !

 



_ Puis-je connaitre l’identité de l’homme qui ose me sous-estimer ?

 



_ Je suis Huor Felagund ! Maître katana de  Zerotime, pour bien vouloir vous tuer !

 



                Sur ce, il s’élança droit sur l’enfant. Il était à peine visible à l’œil nu tant sa vitesse était grande ! La fillette se retrouva projetée contre la remise de bois.

 



_ Aïe ! se plaignit-elle.

 



                Depuis les toits, elle entendit des coups de feu, des combats de katanas, et des personnes se faisant battre, assommées et même tuer. Péniblement, Fujiwara Kido se releva pour se trouver à nouveau au centre de la cours. Il y avait des flèches et des épées plantées dans le sol, ainsi que des traces de sangs.

 



_ Combien de temps suis-je restée dans les vapes ? craignit la fillette.

 



_ Juste une petite minute ! répondit Huor qui venait d’apparaitre derrière elle.

 



_ Et déjà un tel carnage ?

 



_ Oui ! Je trouve que tu es tout de même résistante ! Déjà debout, alors que tes hommes, eux, sont presque tous morts !

 



                La vue de Fujiwara se modifia. C’était comme si ses yeux faisaient partis d’une autre dimension ! Elle voyait mieux qu’aucun humain ne pourrait jamais voir : les gestes des gens au ralentit, et un angle de vu presque à 360°. Aucune couleur, aucun contraste ! Seulement des formes qu’elle savait être son ennemi. Elle voyait au-delà du corps humain fait de chair et de sang ; elle voyait le squelette sous l’amas des muscles et les failles du corps humain. En quelques gestes, elle se retrouva à se battre aussi rapidement que son adversaire : elle ne se laissait pas surprendre deux fois par une attaque. Elle frappait précisément son ennemi dans certains de ses points vitaux : le cœur, l’estomac, et la tête. Huor Felagund tomba raide mort au sol, de l’eau s’évacuant de chaque orifice de son corps. L’enfant entra alors dans la taverne, donnant un grand coup de pied dans la porte qui s’effondra sous sa force.

 



_ Qu’est-ce ? s’indigna le millionnaire. Une gamine ?

 



_Gamine, gamine, gamine ! grogna Fujiwara. J’en ai marre qu’on me prenne pour une gamine !

 



_ Mais c’est ce que tu es ! fit remarquer Annibale en reprenant son arme du corps inerte d’Andrieu.

 



_ Dans ce cas, je suis une puissante gamine ! dédaigna-t-elle. A dix ans, je suis déjà sortie de l’école et chef de police !

 



                Les agresseurs écarquillèrent leurs yeux.

 



_ Mais que fait Huor ? grommela le millionnaire. Il en met du temps pour revenir ! En plus il a laissé entrer cette gamine !

 



_ La gamine s’appelle Fujiwara Kido ! agressa-t-elle. Elle est la fille cadette du seigneur de cette cité, chef de police, et a liquéfié votre homme de main !

 



_ Liquéfié ??? s’étonna Dévanos Riche.

 



_ J’ai entendu parler de ta famille ! admit Annibale. Une famille qui garde jalousement un énorme pouvoir en son sein ! Vous pouvez voir au-delà du genre humain, voyant avec précision le moindre point vital qui semble étinceler à votre regard. Avec vos mains, vous pouvez frapper ces points et nous rendre aqueux ! Et là, c’est la mort !

 



_ Tu es très bien renseigné ! félicita Fujiwara.

 



                En un clin d’œil, elle avait disparut et était reparut sous le nez d’Annibale, lui attrapant sa main droite qui tenait sa lance ensanglantée. Les yeux de Fujiwara étaient terrifiants à regarder : ils étaient ridés jusque dans la pupille, d’un blanc violacé tout en restant sévère et innocent. Elle n’avait pas l’air humaine aux yeux des autres humains. En ayant saisit le poignet du guerrier, une pression suffit de sa part pour le lui liquéfier. Annibale hurla de douleur. N’ayant pas saisit un point vital, Annibale ne mourra pas !

 



_ Au nom de la loi, je vous arrête !

 



                La fillette lui passa les menottes et il ne protesta pas de peur de se faire entièrement liquéfié comme son acolyte. Apeuré comme un enfant, le millionnaire tenta de s’échapper mais Marie se saisit vite d’une assiette et l’assomma avec. Le millionnaire fut mit aux arrêts.        

 


Rivertime: Le miroir des mondes

le 16/05/2008 à 20h25

Chapitre 4 : Le cri de la douleur



                Andrieu, l’ange aux ailes brisées, n’était né de rien. Les anges sont une entité, une énergie pure que nul mortel ne peut distinguer, à l’œil nu le jour.  On raconte que les anges et les dieux ne sont pas si différents : ils peuvent se matérialiser soit en humain, soit en animal. Ils se sont tous donner un prénom à l’aube du monde. Ils sont aussi vieux que le monde et l’on suppose parfois qu’ils sont encore plus âgés. Le nom de famille, est typiquement humain. Et pourtant Kitty Andrieu, en a un. Elle a hérité du prénom de son père comme si il s’était agit d’un nom de famille transmit par le père. Ce nom était un fardeau à la mort de son père, un rien le lui rappelait, et elle avait mal... Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis l’assassina d’Andrieu et Kitty n’arrivait pas à retrouver le sourire.  Ana-Lyse s’en inquiétait, car plus que jamais, la jeune serveuse voulait mourir. Kitty Andrieu a toujours été seule. Dès ses premiers pas à l’école, les autres enfants s’étaient montrés agressifs envers elle : ils n’appréciaient pas qu’elle soit différente. Pourtant, ça ne se voyait pas ! Personne ne savait qu’Andrieu avait été un ange ! C’était un secret qu’il avait jalousement gardé et même Marie n’était pas au courant ! L’Autorité s’était montré cruel envers lui, car c’était lui qui lui avait prit ses ailes et semé toutes sortes d’embûches le long de sa vie de mortel. Les dieux aimaient à se jouer de la vie des humains. Ils modifiaient leur destin dès que l’envie leur en prenait ! Cette fois-ci, ils jouaient avec le destin de Kitty ! Certains humains disent que l’avenir est inscrit dans les étoiles, et d’autres prétendent pouvoir lire l’avenir. Cependant, chaque choix modifie un destin ! Les dieux, connaissent l’avenir, il leur arrive d’avoir des regrets et d’éprouver des sentiments. L’avenir n’est pas tout tracé, ce sont les choix qui décident du chemin à suivre. Et les dieux avaient vu cet avenir qui allait se présenter au monde ! Un danger menaçait l’équilibre de l’univers tout entier : un danger créé par un humain et ce qu’un humain fait, seul un humain peut le défaire !

_ Eh bien, eh bien ! s’exclama une femme. Comme on se retrouve très cher ami !


                Elle était toute vêtue de noir et son visage était caché dans la pénombre de sa capuche. Elle s’adressait à un homme, tout aussi enveloppé de noir qu’elle.

_ Que fais-tu là ?  interrogea-t-il.


_ Je te surveille !

_ Pourquoi faire ?

_ Pour t’empêcher de te mêler de la vie des humains !


_ Pfffff !

_ Laisses les humains mener leur vie sans ton intervention divine !

                L’homme éclata de rire.



_ Je ne t’écouterai pas ! déclara-t-il.

_ Et pourquoi cela ?

                L’homme ne lui répondit pas, il se contenta d’émettre un rire sonore et de disparaitre dans un léger brouillard noir qui s’évanouit aussitôt. Ce fut au tour de la femme d’émettre un rire tout aussi sonore qui se répercuta  contre les tombes du cimetière de Nuada, dans lequel elle se trouvait.

_ Je me demande quel mortel tu vas manipuler et quel dessein tu vas lui faire accomplir ! Sache qu’il n’est point de besoin pour un dieu de manipuler un humain à aspirer au mal : il le fait de lui-même ! Alors qu’as-tu donc derrière la tête, très cher?

                Elle regarda la tombe en face de laquelle elle se trouvait. Elle avait surprit l’autre à la regarder. Son rire se répercuta à nouveau contre les tombes.

_ C’est donc ainsi que ça se passe ? Eh bien, nous avons eut la même idée ! Elle fera très bien l’affaire ! Mais beaucoup d’embûches seront sur son passage !


                Elle disparut alors comme l’autre avant elle. C’est alors que Kitty pénétra dans le cimetière. Elle avait le sentiment qu’il y avait quelqu’un et pourtant il n’y avait personne. Peut-être était-ce la présence d’un vampire ? Ou encore, d’un zombie ? Non, c’était autre chose et Kitty avait trop mal à son cœur pour penser au danger ! Au contraire, elle aimait le danger, elle voulait provoquer la mort et les dieux. Elle désirait revoir son père, mais pas qu’il revive. Il avait certainement souffert durant toute sa vie pour qu’il ait trahis sa confiance et celle de sa mère. Elle voulait mourir pour être auprès de lui et ne plus endurer elle non plus, cette vie sans sens. Elle était pâle et avait perdu toutes ses formes de jeune fille : elle était maigre. Ana-Lyse avait ses raisons de s’inquiéter, et pourtant elle ne pouvait pas rester vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec sa meilleure amie. Kitty avait ses besoins de solitude et désirait la plus grande solitude qui soit : la mort.

_ Es-tu sûre de vouloir la mort ? interrogea une voix invisible.

                Il faisait nuit. La jeune fille s’était rendue en secret dans le cimetière. Elle avait terriblement peur. Peur de faire de la peine autour d’elle, mais pas peur de mourir.


_ Je n’ai pas peur de mourir ! avoua-t-elle à la voix qui l’effrayait car semblable à la sienne.

_ Je t’ai demandé si tu voulais la mort, pas si tu en avais peur ou pas !  

_ Qu’est-ce que ça peut  faire ? agressa-t-elle. Je ne sers à rien ! Je suis la cause de sa mort ! Et moi, j’aurai le droit de vivre alors que j’ai causée sa mort ? C’est si injuste !

_ Pourquoi te sens-tu coupable ?


_ Il s’est interposé entre la lance de l’assassin et moi…


                Elle versa un torrent de larmes. Elle hoqueta.

_ Il m’avait cachée et je suis sortie… Pourquoi ne suis-je pas restée cachée comme il l’avait voulu ? Pourquoi étais-je en colère contre lui ? Pourquoi ? Pourquoi je ne me rappel plus de ce qui s’est passé ?

_ Parfois la mort efface quelques instants douloureux de sa vie, afin de moins souffrir.

_ C’est toute ma vie qui s’est envolée…



Kitty ne cessait de pleurer.

_ Quelques souvenirs me reviennent ! sourit-elle douloureusement. Mon père détestait l’Eglise et tous ceux qui revendiquaient l’Unique Dieu, disant que ses partisans faisaient plus de mal autour d’eux que de bien.

_ Le mal est partout, très chère enfant ! Le mal et le bien sont des conceptions typiquement humaines.

_ Peut-être… Je ne sais plus…

_ Il te faut te reposer maintenant, et reprendre des forces ! Tu pourras mieux réfléchir à ton avenir après.

_ Quel avenir ? Je n’ai plus de passé… Sans passé, on ne peut construire d’avenir 

_ Sois patiente ! Ton passé te reviendra petit à petit, comme la douleur qui te tient sera moins imposante.

_ Je ne veux pas qu’elle s’en aille !!! Si j’oublie ma douleur, je l’oublierai lui aussi et je m’y refuse !

_ Tu ne l’oublieras pas ! assura la voix. Il fait partit de toi ! Jamais tu ne l’oublieras et il deviendra ta force !

                La voix s’évanouit, laissant Kitty seule. La petite serveuse  se sentait apaisée, toujours un peu effrayé d’avoir discutée avec une voix semblable à la sienne, mais apaisée. Elle avait confié ce qu’elle avait sur le cœur, ces choses qu’elle n’osait dire à personne. Elle se refusait de faire souffrir les autres, car la souffrance la dominait et elle savait quel fardeau il était.

_ Comment deviendras-tu ma force ? interrogea-t-elle la tombe. Tu as toujours été faible! Je n’ai pas de souvenir ou nous discutions beaucoup ! Tu aimais l’histoire, tu la connaissais par cœur comme si t’y avait été… Je t’envie ! Je te traite de faible parce que je suis en colère ! Mais je n’y crois pas vraiment… Tu ne t’es pas beaucoup battu contre ta maladie ! Pourquoi n’acceptais-tu pas ce petit verre que te donnaient les clients si c’était pour boire une bouteille en cachette ? Cachette… ce mot me fait rire ! C’était si évident ! Je t’ai vu l’autre jour, le goulot à la bouche, devant la taverne ! Si tu essayais de le cacher, en face de la porte, même de l’autre coté de la route, c’était trop visible ! Tu voulais qu’on te surprenne ? Que je te réprimande ? Je suis ta fille, pas ton juge ! Et pourtant… oui, je suis nulle ! J’ose te juger. Je suis tellement en colère ! J’ai jamais aimé ma vie ! Ça ne venait pas de toi, ni de maman ! Vous ne m’avez jamais frappé ! Lorsque je n’étais pas sage, je me souviens que tu me donnais un coup de pantoufle sur les fesses… Quelle époque ! Une gamine turbulente, sauvage, et indomptable ! A quoi je ressemble maintenant ? Une loque ! Je suis maigre, pâlichonne, et trop calme ! Je ne me souviens pas que tu ais, un jour, fait quelque chose mal ! Lorsqu’un client se blessait en tombant de son tabouret, ou en se coupant avec un bout de verre cassé, tu le soignais comme si tu étais médecin. Et c’était la même chose lorsque quelqu’un était malade… Pourquoi tu es resté à la taverne alors que tu avais un don de guérisseur ? Pour tout le monde, tu étais un ange tombé du ciel ! Et moi je trouve le moyen de t’en vouloir… c’est normal ? Est-ce que je vais t’en vouloir toute ma vie ? Je me sens vide, comme si ma vie était partie avec toi. Je ne t’ai jamais dit que je t’aime, et ça je regrette ! Tu verras ! Je deviendrai forte. Je ne veux plus avoir à me lamenter sur mon sort ! Il y a pires choses qui se passent dans le monde… je ne sais pas encore quoi, mais comme on dit : « il y a toujours pire » ! Je trouverai des choses pires ! Je te le promets ! Je te promets de taire cette douleur sans jamais t’oublier !     

 


Rivertime: Le miroir des mondes

le 22/07/2008 à 11h29

Chapitre 5 : Tonton

 




 




 



                Marie Andrieu était la fille de Brice Fox, le boulanger de Nuada. Elle avait hérité de lui, le goût des fourneaux. Elle était une cuisinière hors-paire ! Tout le monde s’arrachait ses délicieux petits plats ! Mais à la différence de sa fille, elle n’était pas née fille unique : elle avait un frère jumeau prénommé Indiana. Mais il ne ressemblait en rien à sa jumelle sédentaire. Lui, il avait l’esprit sauvage ! Depuis qu’il savait se déplacer, il allait partout où il lui était possible d’aller : à quatre pattes, tout comme lorsqu’il sut marcher ! Marie et Indiana n’avaient jamais connu leur mère et pourtant, leur  père leur en parlait comme si elle était partie faire les courses et qu’elle allait bientôt rentré. Malgré tout, il les éleva seul, depuis leur naissance.

 



La belle Elerinna était une jeune femme, pleine de fougue et sauvage. Elle n’était restée avec Brice Fox que jusqu’à la naissance des jumeaux, puis elle était partie comme elle était venue. Le père des jumeaux n’avait jamais réellement su pourquoi elle était partie sans donner d’explication, et il n’avait put transmettre son savoir à ses enfants. Marie ne s’était jamais vraiment soucier de sa mère, puisqu’elle se savait abandonnée par elle. Seulement, par certain moment de sa vie, elle aurait voulue avoir des explications, comme : qu’est ce que la puberté ? Comment se fait-il que le corps des filles changes ? Elle aurait voulu avoir une mère complice comme les filles de son âge, par moment ! Pouvoir confier : « maman, j’ai un amoureux ! » Et aussi avoir des conseils concernant les garçons, et comment bâtir un foyer...  Et même si Marie posait ces questions à son père, il y avait des questions auxquelles son père ne pouvait répondre. Il emmenait donc la petite chez sa grand-mère ! Et malgré tout, Marie devint une super maman ! Elle s’occupait de sa fille comme il fallait : pas trop couverte, pas trop délaissée ! Elle avait put construire une famille, malgré les doutes qui l’entouraient, contrairement à son jumeaux.

 



Indiana vivait dans ses rêves. Il demandait souvent à son père de lui décrire sa mère. Il s’agissait d’une femme élancée, au regard malicieux. Ses longs cheveux blonds étaient lisses et soyeux, sa peau dorée était sans défaut : pas un grain de beauté  ni une tâche de rousseur ! Ses yeux étaient aussi verts que les feuilles des arbres. Elle s’habillait toujours de manière pratique ; contrairement aux autres femmes, elle ne portait pas de robe. Il lui arrivait cependant, de revêtir un péplos blanc pour les grandes occasions. C’est alors qu’on voyait en elle, toute la splendeur et la beauté d’une déesse grecque. Indiana était fasciné par la beauté que décrivait son père, il était amoureux de cette image rayonnante qui émanait d’elle, telle une déesse. Et il lui ressemblait énormément ! Malgré la carrure qu’il avait héritée de son père, il était aussi sauvage que sa mère. Il allait partout où le vent l’emmenait, explorer la forêt d’Eden, à la découverte d’un trésor imaginaire, caché dans le puits au centre du village, à la recherche d’une pépite d’or dans la rivière… C’est ainsi que se façonna la vie d’Indiana Fox : il devint un aventurier ! Il voyageait ainsi de villes en villes, parcourant monts et vallées, traversant des rivières et des océans, des pays et des continents, à la recherche de nouvelles rencontres, découvertes, d’aventures, de gloire et d’argents ! Il donnait rarement de nouvelles à sa famille, et lorsqu’il le faisait s’était pour annoncer sa venue d’ici peu de temps.

 



Des mois étaient passés depuis l’assassina de l’ange aux ailes brisées, et sa fille avait retrouvé ses couleurs et ses formes et arrivait à nouveau, à sourire. Elle aidait sa mère à la taverne lorsqu’elle n’avait pas école, s’occupant parfois de la cuisine, ou de la comptabilité. Elle s’occupait aussi du potager, qui permettait de faire pousser les délicieux légumes réputés de Marie. Elle faisait les récoltes, et jardinait. Et lorsqu’elle avait du temps libre, elle retrouvait soit Ana-Lyse au cimetière, où elles portaient des fleurs, entretenaient les tombes, et y prenaient quelques photos en négatifs.

 



Ce midi-là, une lettre était arrivée à la taverne de Marie avec pour destinataire, Kitty.

 



_ Kitty ! appela sa mère dehors. Il y a une lettre pour toi : viens vite !

 



            Kitty qui était entrain de cueillir des haricots, délaissa son labeur et accourut jusqu’à sa mère qui lui tendait l’enveloppe. La jeune fille la lut d’entrain !

 



_ C’est Tonton qui m’écrit ! s’exclama-t-elle.

 




 



Ma très chère nièce,

 




 



Du bout de ma plume… Nan en fait tu me connais, j’aime pas tourner au bout du pot !

 



Je serais de retour à Nuada d’ici peu de temps !

 



Je t’embrasse ta mère et toi.

 



Aventureusement

 



                                                                                  Indiana Fox alias Tonton

 




 



_ Il arrive ! Il arrive ! Il arrive !

 



_ Non ! Il est arrivé ! corrigea une voix masculine.

 



_TONTON ! s’exclama sa nièce.

 



_ Bienvenu à toi, frangin ! salua Marie.

 



            Indiana embrassa tendrement sa jumelle sur la joue et voulut prendre sa nièce dans ses bras.

 



_ Voyons tonton ! rit Kitty. Je suis bien trop lourde maintenant.

 



_ Excuse-moi ! taquina son oncle. Je laisse ce soin à ton amoureux !

 



            Kitty rougit et bafouilla en jouant avec son pied sur le sable de la cour.

 



_ J… Je… Je n’ai pas d’amoureux !

 



_ Vraiment ? s’étonna Indiana. Tu es une jeune fille en fleur, jolie comme un cœur et tu n’as aucun prétendant ?

 



            Kitty cacha ses yeux derrière sa frange. Elle faisait non de la tête.

 



_ Et toi tonton ? demanda-t-elle. Toujours pas de fiancée fixe ?

 



_ Oh ! Moi, tu me connais ! Je ne m’établis nulle part ! Je ne construirais jamais de famille, j’aime trop parcourir le monde, pour m’établir où que ce soit ! Et puis j’aime trop les femmes, pour pouvoir n’en choisir qu’une !

 



_ Un vrai coureur de jupon, celui-là ! fit remarquer sa jumelle.

 



            Indiana rit bêtement, ne sachant où se placer.

 



_ Bon, j’ai des clients à nourrir ! annonça Marie en retournant à ses fourneaux.

 



_ Et moi j’ai une récolte de haricots à terminer !

 



_ Je viens vous voir et vous me tournez le dos ?

 



            Kitty rit et invita son oncle à l’aider. Elle partageait avec lui les mêmes passions : parcourir monts et vallées.

 



_ Dis tonton ! sollicita-t-elle. Tu m’emmèneras avec toi ? J’aimerai parcourir le monde, moi aussi ! Voir du pays, faire de nouvelles rencontres, côtoyer le danger…  

 



_ Tu sais je n’aimerai pas qu’il t’arrive quoi que ce soit…

 



_ Mais dans ce cas il ne m’arrivera jamais rien ! s’emporta-t-elle. Je veux voyager moi aussi ! Je veux trouver des trésors, découvrir de nouveaux horizons !

 



_ Pour les horizons ça risque d’être dur, tous les pays ont étés découverts ! Et puis dans certains endroits, ils vénèrent des dieux maléfiques, ils font des sacrifices humains ! Tu risque de rencontrer des loups-garous, des vampires, des gargouilles, des fantômes, des dinosaures !

 



_ Je veux voir tout ça ! Et puis si ça se trouve ils ne me feront pas de mal ! Le mal n’est pas partout !

 



_ Tu risque aussi de faire des découvertes qu’il n’aurait pas fallut… le mal n’est pas partout ! C’est ce que tu crois ! Le mal est omni présent ! Tout le monde est mauvais, pour une raison ou pour une autre et parfois, il n’y en a aucune !

 



_ Tonton ! Tout n’est pas noir ou blanc ! J’ai aussi mes parties sombres que je gère depuis longtemps… Non oublie !

 



_ Si tu as un souci Kitty, tu peux me le dire !

 



_ Ça ira, merci ! Mais pour ce qui est du danger, j’ai des leçons entières pour échapper aux démons, et brigands de grand chemins !

 



_ La théorie ce n’est pas la pratique !

 



_ Alors je pratiquerais !

 



            Indiana la dévisagea en continuant de ramasser les haricots : elle était déterminée à le suivre un de ces jours.

 



_ Très bien ! souffla-t-il. Tu as gagné !

 



_ Vrai ?

 



_ Tu viendras avec moi….

 



_ YOUPI !!!!

 



_ Un jour !

 



_ Oh…

 



            Kitty était déçut, elle pensait repartir avec son oncle, dans les prochains jours. Il l’a rassura en lui promettant que dès qu’elle serait plus grande et plus forte qu’elle ne l’était à ce moment là, il l’emmènerait.

 



_ Sinon, je viendrais te rejoindre ! dit Kitty.

 



            Il éclata de rire.

 



_ Dans ce cas, tu auras besoin d’être plus que forte ! Puissante même ! Et… armée !

 



_ Armée ? Tu me prends pour qui ? Je suis pacifique moi ! Même si il m’arrive d’avoir des envies de meurtres par moments, je ne tue personne !

 



_ C’est juste pour te défendre…

 



_ Mes convictions sont importantes à mes yeux ! Je ne touche pas aux armes, car je sais qu’avec mes maladresses habituelles, elles vont se retourner contre moi ! Et puis je ne sais pas m’en servir !

 



            Il éclata de rire.

 



_ Tu n’as pas changé, ma petite nièce !

 



_ Petite, petite, petite ! Pas si petite que ça !

 



            Il ria encore plus fort. Il discuta ainsi avec sa nièce toute la journée, donnant des coups de mains à la taverne, pour essuyer les verres,  servir les clients, et même les distraire. Il s’occupait de l’animation en racontant ses palpitantes aventures, et Kitty l’écoutait passionnément, rêvant qu’il lui arrivait les mêmes aventures… excepté quand il s’agissait des conquêtes de son oncle : courtisanes, paysannes, bourgeoises, duchesses, et mêmes parfois des princesses… et alors il n’avait plus le droit de remettre les pieds, dans la cité au risque de perdre ses… que les pères, les maris, ou encore les fiancés furieux, lui juraient de lui couper !

 



 _ Ça fait beaucoup de villes ou tu ne peux plus aller, tonton ! fit remarquer sa nièce.

 



            Il rit.

 



_C’était juste des erreurs d’appréciations de la part des hommes ! rassura-t-il. Et il y a encore beaucoup d’endroits que je désir visiter !  Il y a aussi des endroits, où je ne suis pas méprisé ! Les femmes ne me menacent pas, elles !

 



_ Elles n’ont pas le temps ni la force! fit remarquer un client. C’est pour ça, qu’elles t’envoient leurs hommes !   

 



_ Elles ont pourtant l’air d’aimer ! s’innocenta Indiana.

 



_ Aimer, ça oui ! rirent les clients.

 



            Une femme qui accompagnait son mari, prit son ombrelle et le frappa.

 



_ Alors comme ça les femmes sont trop faibles pour se défendre d’elles-mêmes ??? scanda-t-elle. Tu vas tâter, de mon ombrelle !!

 



_ Mais ma douce ! s’excusa-t-il. Pas toi ! C’est pour ça que je t’ai épousée ! Tu as un sale caractère et c’est ce que j’aime chez toi !

 



            La femme s’arrêta de le battre et l’embrassa fougueusement.

 



_ Ah l’amour ! s’extasièrent les hommes.

 



_ A votre santé les amoureux ! trinqua Indiana.

 



_ J’ai faillit appeler S.O.S. Homme Battu ! rit Marie.

 



            Tout le monde rit aussi.

 



_ Tu ferais quoi, Marie, si un homme criait victoire sur toi ? demanda indiscrètement un client un peu éméché !  

 



_ Elle lui ferait la fête ! répondit Indiana.

 



_ Sans commentaire! daigna Marie. N’essayez-même pas !

 



_ Mon père n’est pas mort depuis six mois et vous voulez déjà vous faire ma mère ??? tempêta Kitty.

 



            Tout le monde se sentit gêner. Kitty grimpa à toute hâte les escaliers, folle de rage et de douleur. Elle entra dans sa chambre en claquant si fort la porte, qu’elle se referma derrière elle. Elle ouvrit la fenêtre et se réfugia sur le toit, pour y verser ses larmes. Pourtant elle ne voulait pas pleurer, elle essuyait vite ses larmes de manière à ce que personne ne puisse les remarquer. Ce qu’elle n’aimait pas lorsqu’elle versait ses pleurs, ce n’était pas le fait que ça faisait couler le crayon noir qui soulignait ses yeux verts, c’était le vide qu’il y avait dans son cœur ; un énorme gouffre qui restait après avoir chassé tous les problèmes…le seul problème qu’il y avait, c’était ce vide, cette absence de sentiment... ce rien, lui faisait peur !

 



 _ Toc, toc, toc ! annonça Indiana en frappant à la fenêtre. Je peux entrer ?

 



_  Fais comme tu veux ! Et puis, je suis dehors ! bougonna Kitty.

 



_ Oui, sortir si tu préfère …Tu as du noir, là !

 



            Elle s’empressa de s’essuyer les pommettes que lui indiquait son oncle.

 



_ Je viens pour m’excuser ! avoua-t-il. C’est de ma faute, si ça a dégénéré !

 



_ Non, c’est rien, je prends beaucoup de choses mal, et même Ana-Lyse à du mal à arriver à me faire sourire.

 



            Son oncle réfléchit un moment.

 



_ C’est normal ! dit-il. Tu as perdu ton père  il y a peu de temps. C’est normal que tu souffre !

 



_ Je m’étais jurée que ça allait changer, mais je n’y arrive pas…

 



_ Patience, Kitty, patience ! Rivertime ne s’est pas construite en un jour ! Il faut du temps pour arriver à gérer ses sentiments ! Moi, au cours de mes voyages, j’ai appris des légendes incroyables et des rumeurs infernales. Et parfois ça fait mal!

 



_ Si les rumeurs disent que tu es un chaud lapin, excuse-moi, mais c’est la vérité !

 



            Ils rirent tous les deux.

 



_ Je veux dire des rumeurs sur ma mère !

 



_ Ah ! Désolée… Elle est décédée ?

 



_ Pas que je sache !

 



_ Pardon ! Tu t’intéresse beaucoup à elle, pas vrai ?

 



_ Oui ! Elerinna est ma plus grande obsession. A vrai dire, je suis un peu ses traces lorsque je suis en voyage ! Il m’arrive même de demander à d’autres voyageurs s’ils ne l’auraient jamais vu.

 



_ Elerinna… Couronnée d’étoile… C’est bien un prénom elfique ?

 



_ Oui, mais je doute qu’elle était une elfe ! Des prénoms de tous pays, de toutes races et de toutes sortes fusent dans Rivertime ! J’ai néanmoins appris qu’elle avait eut d’autre relations qu’avec ton grand-père. Quand on dit que je suis un coureur de jupons, que je ne déments pas ; eh bien, je suis comme elle !

 



_ Elle courrait les jupons ?

 



_ Non ! rit Indiana. Pas les jupons ! Je ne sais pas comment on dit pour les femmes !

 



_ Libertine ?

 



_ Non, pas libertine ! Mais quoi qu’il en soit, je sais que je ne suis pas le seul à la chercher…

 



_ Elle est en danger ?

 



_ D’après mes sources,  oui ! Une étrange organisation appelée Nephilim serait à sa recherche et pas seulement elle…

 



_ C’est peut-être des hommes qui se sont réunis pour lui faire payer d’être resté trop peu de temps avec eux ! Ils étaient peut-être amoureux…

 



_ Je ne crois pas. Leur nom est symbolique, il doit vouloir dire quelque chose… Mais quoi ? J’ai toujours fait l’école buissonnière ; je sais lire et écrire, mais je suis tout aussi incapable d’ouvrir ce bouquin qui contient trop de mots !

 



_ Le dictionnaire ?

 



_ Oui, c’est ça !

 



_ Eh bien, dans trois jours c’est la rentrée, je mènerais des recherches pour toi, dans la bibliothèque !

 



_ Très bien ! Rassemble un maximum d’informations, je ferais de même de mon coté. La prochaine lettre que tu recevras sera plus longue que d’habitude !

 



_ D’accord ! Et quand tu reviendras à la maison, je te donnerai tout ce que je saurais, à ce moment-là !

 



            Ils se tapèrent dans la main. Ainsi, Indiana et Kitty étaient très complices, ils se partageaient beaucoup de secrets et faisaient parfois des petits paris entre eux !

 



_ N’empêche, je ne sais toujours pas ce que veulent ces gens à ma mère…

 



_ Ça t’inquiète ?

 



_ Oui… et n’en parle pas à ta mère, elle serait furieuse d’apprendre que je cherche, Elerinna…

 



_ Oui, je comprends ! Elle lui en veut de vous avoir abandonné à la naissance. Elle n’a jamais eut de mère pour lui apprendre à devenir une femme…

 



_ Oui, mais ça, ça ne me regarde pas ! dit-il gêné.

 



            Indiana et Kitty discutèrent longtemps sur le toit de la taverne. Ils mettaient au point un plan de bataille envers les informations qu’ils pourraient découvrir sur Elerinna et sur les Nephilims. Puis ils parlèrent des étoiles pendant un moment avant que Kitty ne s’endorme dans les bras de son oncle. Il lui sourit gentiment, avant de la mettre au lit. Au petit matin, lorsque s’éveilla Kitty, celle-ci découvrit que son oncle n’était plus là ; il n’avait laissé qu’un petit mot derrière lui. 

 




 



A bientôt pour de nouvelles informations !

 


Rivertime: Le miroir des mondes

le 01/08/2008 à 21h39

Chapitre 6 : La requête auprès d’Augustin-Sama

 




 




 




 



            Nuada ! Petit village sans histoire, gouverné par un sage seigneur ! Augustin-Sama ! C’est ainsi, qu’il est appelé par les villageois. Un homme aussi rayonnant que le soleil qui luisait dans ses cheveux blonds ; la mer profonde de ses yeux miroitaient la justice, et sa peau rosé semblait aussi douce et fruité qu’une pêche.  Dès sa naissance, il fut promit à un glorieux avenir : il était le premier né d’une famille des plus puissants seigneurs et guerriers de Rivertime ; la famille Kido. Selon la tradition ancestrale de ce clan, le premier né doit être le plus fort et le plus sage de la famille ! Augustin avait toutes les qualités exigées par les siens : il parlait comme un livre ouvert, était bon et juste, et se battait avec une force impétueuse. Comme tous les membres de sa famille, il possédait un pouvoir ! Un très grand pouvoir ! Celui-ci, en effet, permettait au guerrier de liquéfier le membre choisit à l’instar de son adversaire : il pouvait s’agir d’un doigt, d’un poignet… et parfois, un muscles, ou un os ! Le pouvoir des Kido était très redouté dans tout le pays, mais la bonté et la sagesse d’Augustin balayait les doutes, avec son sourire lumineux aussi doux qu’un rayon de soleil au cœur de l’hiver.

 



            Kitty était très timide; un de ses nombreux défauts ! Et pourtant elle était décidée à devenir forte ! Malgré son dévouement à travailler la pâte à pain et autres mets physiques, à porter les lourds plats aux clients, à repeindre tout l’été les volets et les bordures du toit de la taverne, et d’entretenir l’intérieur et l’extérieur, Kitty n’était pas encore assez forte pour partir à l’aventure sur les traces de son oncle, et d’Elerinna ! Une idée lui vint en tête alors que sa mère lui demandait de rendre visite à Augustin-Sama. Le seigneur de Nuada s’était montré très généreux envers Marie et sa fille, à la mort tragique d’Andrieu : il leur avait non seulement offert son soutient, mais aussi une aide pour les aider financièrement. Il était même venu manger plusieurs fois, pour aider à faire repartir les affaires ; car la mort du tavernier avait fait diminuer le chiffre d’affaires. Et à deux jours de la rentrée scolaire, Marie avait enfin réunit tout l’argent nécessaire au remboursement du seigneur ! Elle demanda à Kitty de lui rapporter son argent, poliment.

 



_ Ok ! obéit-elle.

 



            La petite serveuse avait enfin un prétexte pour discuter avec le seigneur de Nuada. Avec l’argent dans une enveloppe, qu’elle déposa soigneusement dans son sac à main, elle se rendit au village, en direction de la riche demeure. Il n’y avait aucun garde comme dans les contes de fées classique. La riche bâtisse n’était pas un château, malgré la tourelle ronde qui se trouvait entre deux bâtiments qui formaient à eux, un grand U. La boiserie et les pierres qui la constituaient étaient d’une qualité supérieur à toutes les maisons de Nuada ; et spécialement de la taverne, en vieilles pierres régionales, ainsi que la pauvre cabane en bois de la famille Duboeuf.  Kitty était ainsi intimidée et se demandait comment un riche seigneur comme Augustin qui vivait dans le luxe, avait put apprécier la pauvre taverne, dans la petite campagne de Nuada.

 



_ Bonjour ! claironna une ravissante jeune fille.

 



_ B…B…B...Bonjour ! bafouilla Kitty devant la beauté de la jeune fille.

 



            Ses longs cheveux blonds ressemblaient à un soleil descendu sur terre ; la profondeur de ses yeux  bleus ressemblait aux abysses des lacs les plus purs ; sa peau rosée était entièrement poudrée. Elle portait des bijoux en or autour du cou et des poignets. Une robe de mousseline et de voiles fins roses, cintrait sa fine taille mise en valeur par la crinoline qu’elle avait sous ses jupons roses. Elle était assise élégamment droite, sur une petite chaise de fer blanc devant une petite table ronde de jardin, dans la cours. Entre ses mains était ouvert un magazine intitulé Epoque Jeunesse, destiné aux adolescentes !

 



_ Vous cherchez quelqu’un, mademoiselle ? demanda la jeune fille.

 



_ Heu… Oui ! répondit Kitty en revenant à elle. Je cherche le seigneur Augustin !

 



            La jeune fille sourit chaleureusement à Kitty et celle-ci se sentir rougir.

 



_ Venez avec moi ! dit-elle en refermant soigneusement son magazine sur la table de fer blanc. Elle se releva soigneusement et se dirigea vers la porte d’entrée. Kitty lui emboita le pas. Elles traversèrent plusieurs salles, avant d’arriver dans la plus grande bibliothèque que Kitty n’ait jamais vu : il y avait des livres de partout ! Les étagères étaient remplies du sol au plafond, tous classés par ordre alphabétique et par catégories. Le seigneur de Nuada était assis à un bureau en bois clair, devant une porte-fenêtre ouverte qui donnait sur un somptueux jardin.

 



_ Père ! l’interpella la jolie jeune fille qui accompagnait Kitty. Tu as de la visite !

 



            Le seigneur délaissa le livre sur lequel il écrivait avec une plume. Il se leva et sourit, avec ce même sourire doux et chaleureux que sa fille.

 



_ Bonjour Kitty !

 



_ B...B…Bonjour Augustin-Sama! salua-t-elle.

 



_ Je vous laisse entre vous, dit la fille du seigneur.

 



_ Très bien Cosette ! accepta son père. Que me vaut le plaisir de ta visite, Kitty ?

 



_ Eh bien…

 



            Elle fouilla dans son sac à main et en sortit l’enveloppe que ça mère lui avait remise.

 



_ Ma mère m’a demandée de vous remettre ceci !

 



_ Serait-ce de l’argent ? demanda-t-il sans prendre l’enveloppe.

 



_ C’est votre argent ! insista Kitty.

 



_ Celui que je vous ai donné il y a quelques mois ? C’était un cadeau ! Je vous l’ai donné, Kitty. Il est à vous maintenant.

 



_ Nous n’en n’avons pas besoin. Maman ne serait pas contente si je revenais à la maison avec cet argent. Reprenez-le Augustin-Sama, s’il-vous-plait !

 



            Le seigneur accepta finalement de reprendre cette enveloppe qui contenait tant d’argent.

 



_ Dis-moi Kitty ! sollicita-t-il.

 



_ Oui ?

 



_ Tu reprends bien l’école d’ici deux jours ?

 



_ Heu… Oui.

 



_ Je suis résolu à laisser ma fille Cosette y aller. Elle n’est jamais allée à l’école, elle a toujours eut des précepteurs et je pense qu’elle risque d’être un peu perdue. Tu pourras lui venir en aide ? Je sais que tu es une très gentille jeune fille, et que tu pourrais t’entendre avec ma fille.

 



_ J’adorerai devenir son amie !

 



_ Tu verras, elle est très gentille !

 



            Kitty sourit timidement et baissa les yeux.

 



_ Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler, Kitty ? interrogea le seigneur de Nuada.

 



_ Eh bien…

 



            Il sourit encore et plaça une main sur l’épaule droite de Kitty.

 



_ Tu peux me demander ce que tu veux ! admit-il. Si tu es assez bonne pour accepter de venir en aide à ma fille, je n’ai aucune raison de refuser quoi que ce soit venant de toi !

 



            Kitty réfléchit un peu, rougissant toujours, se tordant légèrement les doigts et se mordant légèrement la lèvre inférieur.

 



_ A… A la mort de mon père… Je me suis faite une promesse : devenir plus forte ! Et… seule je n’y arrive pas… Alors je me demandais si… Si vous ne pourriez pas m’apprendre à me battre, tout en restant aussi pacifique que vous !

 



            Il rit. Son rire ressemblait à un tintement de verres, vraiment léger et voluptueux.   

 



_ Connais-tu vraiment le sens du mot pacifique ?   

 



_ Eh bien…

 



_ C’est quelqu’un qui ne tue pas et ce sous aucun prétexte !

 



_ Je n’ai jamais tué qui que ce soit !

 



_ En as-tu déjà eut envie ?

 



_ Eh bien… oui des fois, j’en ai envie ! Mais je ne le fais pas !

 



_ Si tu veux apprendre à te battre, tu dois apprendre à gérer la colère qui est en toi ! Tu ne dois jamais utiliser la force que tu acquerras pour faire du mal aux gens. Trop de gens font cette faute ! Tu dois utiliser cette force pour le bien de tous et dans la justice. Ne tue jamais sinon la mort se retournera contre toi !

 



_ Ok !

 



_ Dans ce cas, tu viendras me voir quand tu voudras pour t’entrainer ! Si je ne peux pas, quelqu’un d’autre se chargera de ton entrainement !

 



_ Oh merci Augustin-Sama !

 



            Elle se jeta dans ses bras et le serra fort et pendant un petit moment. Il n’osa pas se détacher de son étreinte, sentant combien elle avait besoin de cette étreinte. Il se rappelait d’une époque douloureuse, qui ressemblait à la peine de Kitty : le jour où sa femme avait été assassinée. Il était dans le même état que la jeune serveuse de la taverne de Marie : il avait eut ce besoin de réconfort, à câliner ses filles.

 



_ Ton entrainement ne sera pas toujours une partie de plaisir ! prévint-il. Il sera dur et intensif ! Et si tu arrête en plein milieu ou juste au début, tu n’auras fait aucun progrès !

 



_ J’imagine ! admit-elle en s’enlevant de son étreinte. Je dois partir maintenant, mais laissez-moi vous dire que votre bibliothèque est vraiment magnifique.

 



_ Je te remercie, Kitty. Tu aimes lire ?

 



_ J’aime beaucoup ! Mes livres préférés sont ceux qui décrivent de magnifiques paysages lointains, avec d’immenses cascades d’eau pure, les forêts pleines de dangers et les déserts de feu…

 



_  Tu sais, Kitty, ces paysages que tu aimes tant, ils ne sont pas si lointains que ça ! Tu voudrais les voir en vrai ?

 



_ Oh que oui ! Mon oncle m’a promis que lorsque je serais plus grande, je pourrais voyager comme lui !

 



_ J’admire ton courage, comme celui de ton oncle. Il n’est pas donné à tout le monde de voyager pleinement dans Rivertime. Certaines cités sont en guerre, les loups-garous circulent aisément les nuits de pleine-lune, les vampires fascines les jeunes et deviennent de plus en plus populaires…

 



_ C’est vrai ! Mais rien de tout ça me fait peur !

 



_ Tu as peur de quoi Kitty ?

 



_ Heu… Je ne sais pas, moi… Je n’y ai jamais vraiment réfléchit… Faire de la peine aux gens que j’aime ? Et puis beaucoup d’autre que je ne saurais vous étaler comme ça…

 



_ Te confronter à tes peur, ton courage et ta gentillesse te conduiront loin, peut-être sur d’autre terres que les miennes, qui sait ?

 



            Kitty sourit.

 



_ Ce serait mon rêve ! Dès que je serais devenu plus forte, je partirais sur les traces de mon oncle, à la découverte du monde…même si il est déjà tout trouvé !

 



            Le seigneur de Nuada rit de pleine voix. Cette petite serveuse l’amusait grandement. Elle repartit peu de temps après en repensant à tout ce qu’elle avait parlé avec Augustin-Sama et surtout en repensant à Cosette. D’ici deux jours, Kitty allait la revoir. Elle admirait sa beauté et s’étonnait que cette ravissante jeune fille ne soit jamais allée à l’école. Elle ne devait pas avoir beaucoup d’amis…Peut-être le deviendraient-elles ? Kitty l’espérait en tout cas.

 



            

 


Rivertime: Le miroir des mondes

le 22/08/2008 à 13h50

Chapitre 7 : Princesse Cosette

 




 



               

 




 



                Parfois, parfois seulement, certaines familles humaines détiennent un étrange pouvoir. Et d’aussi loin que remontent les mémoires, la famille Kido en a toujours été en possession, le leur est de pouvoir liquéfier la moindre chose d’un simple touché. Il s’agit d’une famille de guerriers et de sages.

 



Le destin de Cosette a été scellé à sa naissance par les anciens de la famille. De seigneur de Nuada en seigneur de Nuada, la tradition est respectée. Cette terrible tradition exige que le premier né de la famille Kido soit le membre le plus fort aussi bien au combat qu’en connaissance. Le corps et l’esprit ! Les autres membres de la famille ne sont présents que pour protéger les héritiers. Cosette est la principale héritière ! Seulement, au grand damne de sa famille, elle n’a pas les qualités requises pour être seigneur à son tour, d’après sa famille ! Cosette a toujours voulu ressembler à sa mère, alors que tous voulaient qu’elle ressemble à son père. Elle n’avait d’ailleurs hérité de lui, que son physique : les mêmes cheveux blonds, la même peau rosée et  les  mêmes yeux bleus, couleur de la profondeur des lacs les plus purs. De sa mère, elle ne tenait que ses toilettes, ses habitudes de jeune femme modèle, et son souvenir.

 



La mort de la femme du seigneur de Nuada fut tragique. Le seigneur de Nuada venait de signer un traité de paix la journée-même, avec une nouvelle cité qui devenait importante. Elle se nommait Ys. La nuit était douce, et le seigneur avait décidé de passé un peu de temps à méditer dans son jardin, après une rude journée. Sa femme était restée au chevet de ses filles, après une dispute avec son beau-père. Il était le membre le plus ancien de la famille et le plus traditionnel. Il reprochait à la mère de trop s’occuper de ses filles et de ne pas assez se plier aux traditions. La mère refusait que ses filles s’abandonnent entièrement au combat où aux livres, prétextant qu’on leur faisait du bourrage de crâne comme elle disait, et qu’elles avaient besoin de faire aussi ce qu’elles avaient envie, qu’il ne leur était pas bénéfique de toujours décider à leur place. La mère regardait donc ses filles dormir, malgré la colère de l’ancien. Cette nuit-là, alors que Cosette et sa petite sœur Fujiwara dormaient paisiblement, un homme s’introduisit chez les Kido, sans se faire remarqué. Il pénétra dans la chambre des enfants et fut surprit par la mère. Effrayée par cet inconnu masqué, elle hurla. Malheureusement, il la tua pour la faire taire, d’un poignard dans le front. Elle s’effondra sur le lit de ses filles ce qui les réveilla en sursaut. Les enfants hurlèrent à leur tour mais se firent empoignées et enlevées par le meurtrier. Fujiwara était trop jeune pour connaitre ce qu’est réellement la mort et ne savait pas encore se servir de son pouvoir ; quant à Cosette, elle avait connaissance de la mort et savait se servir de son pouvoir, seulement, voir le corps de sa mère, sans vie, la bouleversa au point où elle ne put plus bouger. Les filles étaient jeunes : L’aînée ne devait pas avoir plus d’une dizaine d’années et la plus jeune en avait cinq de moins. En ressortant de la demeure des Kido, l’assassin fut surprit par Augustin-Sama, qui ne réfléchissant pas, tua l’homme en portant la main sur son cœur, utilisant le pouvoir familiale. Le seigneur prit soigneusement ses filles, alors que l’intrus s’effondrait au sol.

 



Depuis cette nuit-là, Fujiwara jura de faire justice et de travailler tellement dur qu’elle en gravirait les échelons à une vitesse remarquable. C’est ainsi qu’à ses dix ans, elle en avait terminée avec les précepteurs et se retrouvait chef de police. Cosette, ce fut très différent. L’assassina de sa mère la retourna, cette-nuit-là. Elle ne voulait plus jamais avoir la mort devant ses yeux. Elle refusait de se battre lorsqu’on le lui ordonnait, elle ne lisait aucun des livres qu’on lui disait de lire. Elle passait son temps dans la petite tourelle, lieu des solitudes de sa mère. Elle restait assise à la fenêtre, regardant le paysage au loin, les immenses prés et champs des paysans. Il lui arrivait de faire la midinette, en se façonnant ses propres robes qu’elle recopiait des magazines qu’elle collectionnait. Cosette ne sortait jamais vraiment de chez elle, son grand-père le lui interdisait, puisqu’en temps que future seigneur de Nuada, elle devait rester à l’abri du danger. Ce qu’il ignorait, c’est qu’elle faisait le mur de temps en temps, et notamment les samedi soirs ! Elle sortait en boites de nuit, à quelques kilomètres de Nuada. Elle se rendait à chaque fois dans la grande ville la plus proche, qui n’était autre que la capitale de Rivertime ; Witchcraft ! Et elle revenait tout aussi discrètement qu’un petit oiseau qui se pose sur le rebord d’une fenêtre. La rencontre avec Kitty Andrieu, allait bouleverser sa vie…

 



C’était la rentrée scolaire ! Cosette ne se pressait pas. Comme à son habitude, elle prenait une douche bien chaude, puis repassait une robe rose élégante qu’elle allait porter, et une fois habillée, elle prit son petit déjeuner avant de partir pour l’école de Witchcraft, en carrosse. En chemin, elle vit une jeune fille de son âge, marcher en direction de la grande ville. Elle portait une robe couleur chocolat, longue, soutenue par une épaisse ceinture bleue ciel, ses cheveux châtains étaient remontés en deux macarons, et en guise de chaussures, elle portait deux épais sabots de bois. Il fallut quelques secondes à Cosette pour la reconnaitre.

 



_ Hara Nii-Chan! interpella-t-elle. Arrête-toi, je connais cette demoiselle !

 



            Le jeune homme qui conduisait le carrosse de la belle, fit une grimace avant d’exécuter l’ordre.

 



_ Faites-vite Cosette-Sama, nous ne devons pas nous mettre en retard ! dit-il d’une voix dédaigneuse.

 



            La fille du seigneur de Nuada descendit avec entrain de la voiture luxueuse.

 



_ Bonjour ! claironna-t-elle avec un sourire radieux.

 



            Kitty en tomba des nues de la voir aussi avenante envers elle.

 



_ B…B…Bonjour ! rendit Kitty. Vous allez en cours, damoiselle Cosette ?

 



_ Appelle-moi juste Cosette et tutoies-moi ! somma la fille du seigneur de Nuada. Mais toi tu t’appelles comment ?

 



_ Kitty !

 



_ Dis-moi Kitty, c’est la première fois que je vais à l’école, alors ça te dirais qu’on y aille ensemble ?

 



            Kitty bégaya à nouveau, puis sans rien comprendre, elle se retrouva dans le riche carrosse filant à toute vitesse pour la capitale. Beaucoup d’adolescents s’approchèrent instinctivement de Cosette.

 



_ Regardez sa robe ! s’exclama une adolescente. Comme elle est belle !

 



_ C’est la dame qui est belle ! corrigea un garçonnet.

 



_ Eh regardez ! s’exclama un autre garçon plus âgé. Y’a Kitty avec elle !

 



            Tous restèrent stupéfiaient de voir la petite tavernière aux moyens si limités se déplacer en carrosse.

 



_ Tu n’as pas les moyens de t’acheter des chaussures convenables et tu te déplaces en carrosse ? fit remarquer une fille de leur âge à Kitty.

 



            Elle rougit violement mais passa son chemin sans rien dire. Cosette se renfrogna.

 



_ Si elle est venu en carrosse aujourd’hui, c’est parce qu’elle est mon invitée ! réprimanda Cosette.

 



            La petite tavernière se retourna et prit Cosette par la main, l’entrainant loin des foules.

 



_ Tu ne devrais pas fuir ces gens ! la gronda  la fille du seigneur de Nuada. Ils sentent que tu te laisses faire et ils recommenceront !

 



_ Cosette-Sama…

 



_ Cosette !

 



_ Oui, si vous voulez !

 



_ Si TU veux !

 



_ Oui, bon, peut-importe ! Les sarcasmes des autres, je me les coltine depuis la maternelle ! Si j’ai bien appris une chose en ces treize années de scolarisation, c’est que plus je leur réponds, plus ils sont venimeux avec moi ! Le seul moyen pour qu’ils arrêtent de me chercher des noises, c’est de passer outre leurs sarcasmes ! Je fais comme si je n’avais rien entendu et ensuite ils me fichent la paix pour un temps. Alors ne vous attirez pas leurs foudres pour moi ! Je n’en vaux pas la chandelle.

 



            La blondinette réfléchit un moment puis refusa.

 



_ Si tu n’es pas capable de te défendre seule, je t’aiderai ! annonça-t-elle. Si quelqu’un t’embête, je te défendrais et je t’entrainerais ! Et puis, il faut me dire « tu » ! Je suis ici au même titre que toi, alors je veux qu’on soit amie !

 



            Kitty rougit à nouveau.

 



 _ C’est… C’est pas comme ça que ça marche ! rit Kitty. Pour que deux personnes soient amies, il faut qu’elles s’entendent super bien !

 



_ Tiens, je t’offre un cadeau !

 



            Elle sortit de son sac un paquet enveloppé dans du papier de couleur.

 



_ Désolée, mais je refuse ! annonça Kitty. L’amitié ne s’achète pas, ça vient tout seul !

 



            Cosette prit un air attristé.

 



_ C’est que… Je n’ai jamais eut d’amis…

 



            Kitty lui prit les mains et lui sourit.

 



_ Aujourd’hui tu as fait le premier pas pour qu’on devienne amie : tu m’as gentiment proposé de m’emmener, puis tu as pris ma défense devant tout le monde ! Je suis sûre que tu vas m’apprendre beaucoup de choses et que je peux t’en apprendre aussi !

 



_ Oh tu m’as déjà fait un peu changer ! accusa gentiment Cosette. Moi qui ai toujours refusée de me battre malgré la colère de mon clan, je me suis engagée à prendre ta défense et de t’entraîner !

 



_ Ah ben, c’est gentil! rit Kitty.

 



            La sonnerie retentit. Tous les élèvent se dirigèrent vers  l’immense château, au centre de la capitale, qui servait d’école, à tous les âges : la maternelle au rez-de-chaussée, et fil des échelons scolaires, il fallait gravir les marches de la gigantesque bâtisse. Chaque élève sortait de son sac, un bloc-notes et un stylo, tandis que Cosette, elle, elle sortit sa brosse à cheveux et une palette de maquillage. Tous éclatèrent de rire. Cosette était ainsi en cours : elle se recoiffait encore et encore, et se remaquillait encore et encore.

 



_ Eh ! Psssst ! chuchota Kitty. Cosette, c’est pas le moment de se refaire une beauté !

 



             Un nouveau professeur, dans l’établissement, fit son entrée dans la salle.

 



_ Bonjour à tous ! salua-t-il. Je suis Elijah Maxwell, votre nouveau professeur de sciences physiques. Vous m’appellerez monsieur Maxwell, et je tiens à avoir une classe disciplinée. Donc, cessez les bavardages et rangez les nécessaires de toilette ! On va commencer par faire les présentations : je vous appelle par votre nom et prénom, vous vous levez et vous me dites ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas avant de vous rassoir: Andrieu Kitty !

 



_ J’aime ma maman et je n’aime pas les ordures !

 



_Très bien ! Armée Siarl !

 



            Une jeune fille, aussi blonde que Cosette, mais avec des cheveux courts, se leva.

 



_ J’aime mon fiancé et je déteste les gens sans humour.

 



_Caterina Catriona !

 



            Une jeune fille aux cheveux châtains remontés avec une barrette, aux puissants yeux bleus et à la peau mate se leva à son tour. 

 



_ J’aime ma ville d’origine : Rior, et je n’aime pas les racistes !

 



_ Ok ! De l’Homme Galinette !

 



            Une jeune fille de forte carrure se leva à son tour. Ses cheveux étaient bruns, courts et lisses. 

 



_ J’aime me torcher la gueule quand je fais la piste les week-ends, et j’aime pas…L’eau !

 



_Heu… d’accord ! Guignol Claudien !

 



            Cette fois, ce fut un jeune homme qui se leva. Il était grand et très mince.

 



_ Alors moi, j’aime bien coiffer les gens, et je n’aime pas les nœuds.

 



_ Bien ! Hallyday Florentz !

 



            Une jeune fille, aux courts cheveux châtains foncés se leva. Elle portait un jean serré et un débardeur rose bonbon.

 



_ Moi, j’aime vos fesses et je déteste les racistes.

 



            Le professeur rougit puis continua.

 



_  Kido Cosette !

 



_ Je m’aime bien et je n’aime pas la pauvreté.

 



            Tout le monde la regarda avec de grands yeux ronds. Ainsi, un premier défaut fut trouvé pour cette jeune fille aussi noble : elle était narcissique.

 



_ Lotta Xever !

 



            Un jeune homme se leva. Il avait une forte carrure musclée, et était plutôt grand.

 



_ J’aime me travestir et je déteste les rats !

 



            Le prof s’arrêta quelques secondes sur lui comme si il l’avait mal comprit puis continua.

 



_ Patoche Lettice !

 



            Une jeune fille à forte carrure, qui portait des lunettes et qui avait des cheveux bruns et bouclés se leva.

 



_ Comme
la Galinette
 ! J’aime me torcher la gueule à m’en rouler par terre et je déteste l’eau !

 



_ Paussini Loleta !

 



            Une mince jeune fille brune à la peau bien mate se leva.

 



_ Comme Catriona, j’aime Rior, ma ville d’origine et je déteste les racistes.

 



_ Bien ! Poncha Steffie !

 



            Une jeune fille se leva ; ses longs cheveux étaient d’un châtain presque brun, et sa peau d’une blancheur immaculée.

 



 _ Ben moi… j’en sais rien ! Vos fesses sont pas mal ! Sinon je déteste … mon ex !

 



 _ Shakira Mélas !

 



            Une jeune fille mince qui portait des lunettes, de longues boucles brunes, et une peau mate se leva à son tour.

 



_ J’aime aussi la ville de Rior d’où je suis originaire et je n’aime pas les peignes.

 



_ Ok ! Stuart Dee !

 



            Une timide jeune fille toute frêle avec deux dents en avant se présenta.

 



_ J’aime bien le gruyère et je n’aime pas la science physique.

 



_ Bien ! Tenche Auré !

 



_ J’adore vos fesses et je n’aime pas les prises de tête !

 



_Bon très bien ! Je vois que vous n’êtes que quatorze dans votre classe. Ce sera bien pour travailler… et j’aimerai que les filles, qui en passant dominent l’effectif de la classe, arrêtent d’êtres jubilées par mes fesses ! Il est interdit de prendre des photos, mademoiselle Hallyday !

 



            La jeune fille rangea son appareil photo. Mais hélas pour monsieur Maxwell, ce n’était que le premier jour. Une classe de fille n’est pas plus sage qu’une classe de garçon, et le professeur s’en rendit vite compte, entre les filles qui se remaquillaient dix fois pendant le cours, ou qui se recoiffaient vingt fois et les autres qui prenaient des photos de son postérieur. Ce fut ainsi pendant toute l’année, sauf certains jours, ou les élèves étaient motivés à travailler, car un contrôle approchait. Tous les matins et tous les soirs, Cosette et Kitty faisaient le trajet ensemble : parfois à pied, et parfois en carrosse. Et tous les soirs, Kitty motivait son amie à faire ses devoirs ou par moment, elle se laissait allée en se faisant coiffer, maquiller ou habiller par Cosette. Toutes les manières de son amie, rappelait à la tavernière, les princesses des contes de fées : assises bien droite sur une chaise, gentille, jolie et… Narcissique. Ce point agaçait la jeune tavernière, car Cosette lui demandait sans cesse : 

 



_ Est-ce que j’ai des jolies fesses ?

 



_ Oui, Cosette, tes fesses sont très jolies !

 



_ Tu ne les trouve pas un peu plates ?

 



_ Cosette arrête de me dire de regarder ton cul ! Je veux bien regarder celui du prof de science, ok ! Mais pas le tient ! Je ne regarde pas les fesses des filles !

 



_ C’est sans arrière pensée !

 



_ Je préfère.

 



_ Est-ce que tu trouve que le far bleu sur mes yeux ça ne fait pas trop de bleu ? Les couleurs ne se noient pas ?

 



_ Tu n’as qu’à mettre du rose sur tes paupières ! Et puis on doit travailler pour lundi !

 



_ On est en week-end ! On travaillera plus tard, on a le temps !

 



_ Non on n’a pas le temps, je veux mon week-end entier !

 



_ Tu ne pense qu’à travailler !

 



_ Ce week-end je veux m’entraîner !

 



_ Zut ! Je me suis fait une manucure y’a dix minutes ! Si on s’entraîne elle sera à refaire !

 



_ C’est pas un problème ! On se fera une séance manucure et même pédicure si tu veux ! Sinon je trouverai quelqu’un d’autre !

 



_ Ben… On verra !

 



_ Alors on bosse ?

 



_ Eh bien… d’accord !

 



            Pendant que Kitty apprenait et relisait les leçons qu’elle avait notées en cours, Cosette continuait de se limer les ongles en se jetant des petits coups d’œil dans son miroir.

 


Rivertime: le miroir des mondes

le 06/09/2008 à 22h10

Note pour Nana: il est normal que Cosette te rappels très portrait Indira, car c'est elle qui m'a inspirer le personnage; réfléchit quel était le principal critère d'Indira? La parole! Elle tapait sans arrêt la causette^^

Bonne lecture


Chapitre 8 : Le guerrier maudit

 

 

 

 

                Kitty avait dormie chez son amie Cosette. La rentrée scolaire s’était écoulée depuis quelques mois, lorsque la jeune tavernière prit enfin le temps de s’entraîner. Kitty se leva tôt un samedi matin pour profiter de la permission qu’elle avait reçut  pour se déplacer et  s’entraîner comme elle en avait envie. S’étant habillée de manière sportive et chaude, Kitty s’aperçut que quelqu’un s’entraînait déjà, dans la cours. Sur le moment, la jeune fille cru qu’il s’agissait d’Augustin-Sama, puisque la silhouette était masculine et vigoureuse. Mais avec la lueur du jour qui commençait à illuminer le jeune homme, elle découvrit qu’il s’agissait d’Hara, le jeune homme qui conduisait le carrosse de Cosette. Elle fut un peu étonnée de le voir si vigoureux et souple, puisqu’elle avait l’habitude de le voir simplement assit à conduire le carrosse en n’étant pas du tout gracieux. Elle ne connaissait pas du tout ce jeune homme qui n’était autre qu’un Kido.

La famille Kido qui possède un puissant pouvoir, a toujours voulu le garder jalousement, et empêcher les membres de leur clan de s’entre-tuer. Les anciens décidèrent donc de se séparer en deux branches : la famille principale et la famille parallèle. La famille principale était destinée à gouverner Nuada, tandis que les autres, étaient présents simplement pour protéger le seigneur et ses héritiers. Augustin-Sama avait un frère jumeau. Celui-ci avait pour prénom, Tori. Il avait les mêmes facultés, lui ressemblait au plus haut point. Mais leur naissance décida qu’il s’agirait d’Augustin le futur seigneur et non de Tori de quelques minutes plus jeune. Augustin devait souvent rester enfermer dans la demeure, afin d’étudier et s’entrainer, tandis que Tori était envoyé sur le front, lorsqu’il y avait des conflits dans le pays, qui menaçaient la tranquillité de Nuada. Le cadet fut envoyé un jour,  dans les Royaumes du Nord, afin de calmer une guerre possible. Les Royaumes du Nord, étaient  des terres hostiles : un immense désert de neige et de glace, jamais un brin d’herbe n’y a poussé, le soleil y a toujours été rare, et les peuples étaient divisés depuis une puissante mutinerie envers la famille royale. Les blizzards n’y ont jamais étés rares, et pourtant, Tori se fit surprendre par l’un d’eux, en pleine montagne, alors qu’il repartait en direction de Rivertime, après avoir accomplit sa mission. Ses pas le conduisirent jusqu’à un refuge habité par une jeune adulte.

Elle vivait seule et ne parlait pas. La première fois qu’elle vit Tori, elle avait peur et ne s’en approchait pas, bien qu’il fut épuisé au point de s’écroulé au sol. A pas de velours, elle s’était finalement approché de lui, l’avait porté jusqu’à la paillasse sur laquelle elle dormait, puis le couvrit pour réchauffer ses membres gelés. C’est ainsi qu’il tomba amoureux de la belle inconnue aux longs cheveux d’ébène, aux yeux de glace et à la peau blanche comme neige. Elle n’avait pas de nom ! Mais Tori lui en trouva un tout de même. Comme il ne savait pas de quel royaume elle était originaire, il lui donna un prénom typiquement Rivertimien. Il la baptisa Sylvia, car elle vivait à l’orée d’une des rares forets du nord et l’emmena à Nuada. Il se maria avec elle et ensemble, ils eurent un petit garçon. Malheureusement, Sylvia décéda à la naissance de son unique enfant. Tori éleva seul son fils qu’il appela Hara. Les anciens promettaient d’en faire un bon petit soldat afin qu’il puisse protéger le prochain seigneur. Lorsque le prochain seigneur avait ses trois ans, qu’il était suffisamment en bonne santés, pour décider si c’était bien lui qui allait gouverner,  une tradition voulait que les autres membres du clan soient maudits. Le seigneur devait faire venir un sorcier afin de jeter un sort aux autres membres de sa famille, au cas où ils voudraient se rebeller envers la famille principale.

 C’est ce qui se passa le jour des trois ans de Cosette : Augustin dû maudire son propre frère et le fils de ce dernier, alors âgé de quatre ans. La malédiction se déclencha un jour sur Tori ; Alors qu’Augustin entrainait sa fille et que Tori et Hara les observaient, le jumeau du seigneur fut éprit d’une violente jalousie. Il regarda méchamment la petite Cosette toute frêle, se battre avec difficulté. Le seigneur sentit comme une présence malveillante qui menaçait sa fille et déclencha la malédiction d’un simple geste de doigts. Tori hurla de douleur, sentant comme si sa tête allait exploser. Le petit Hara fut terrifier de voir son père se hurler en se roulant sur le sol. Augustin arrêta la malédiction en relâchant le sceau qu’il formait avec ses doigts, faisant jurer à son frère de ne jamais refaire une chose aussi stupide, qu’il pourrait y rester la prochaine fois. C’est à partir de cet instant qu’Hara se mit à détester la famille principale. Son père avait faillit mourir pour avoir posé un regard jaloux sur Cosette. Comme Tori aurait voulut que son fils soit né dans la famille principale : c’était lui qui avait hérité mieux que quiconque le pouvoir de liquéfaction ! Hélas, ce ne fut pas le jour où il haït la famille ! Détester est une chose, haïr en est une autre !

La nuit où le seigneur de Nuada avait tué l’homme qui avait assassiné sa femme et enlever ses deux filles, un traité de paix avait été signé dans la journée avec la cité d’Ys. Or, lorsque le masque de l’homme fut retiré, les anciens déclarèrent qu’il y avait tragédie, car l’homme était un Yssois ! Peu de temps après, le roi d’Ys demanda réparation : il fallait lui envoyer le cadavre d’Augustin Kido ! Une vie pour une vie ! Mais ce fut Tori qui remplaça le seigneur : ils étaient si semblables et d’après les anciens, il était là pour ça. C’est depuis ce jour-là qu’Hara haïssait la famille principale. Il n’était qu’un objet pour eux et devait leur offrir sa vie si un malheur arrivait par leur faute, comme pour son père.

Hara avait hérité des yeux bleus glacés de sa mère et depuis cette époque, il semblait que la glace s’attisait en leur intérieur. Et ses yeux fascinaient Kitty ! Cachée derrière un poteau, qui soutenait la bâtisse, elle le regardait s’entraîner. Ses mouvements étaient aussi souples que ceux d’un félin, ils étaient aussi puissants que la foudre, tout en restant si précis, qu’on aurait cru qu’il voyait chaque atome qu’il martelait de ses pieds et de ses points.

_ Bonjour Kitty !

            La jeune fille sursauta. C’était le seigneur de Nuada qui l’avait saluée. Il se tenait près d’elle et observait son neveu à son tour.

_ Bonjour Augustin-Sama ! Minauda l’adolescente. Je ne vous avait pas vu arriver.

_ J’ai vu ça ! Rit-il. Tu as fait un tel bon que j’ai cru que tu allais te cogner la tête au toit du patio ! Bien sur, j’exagère !

_ Qui est-ce ? demanda la jeune fille intéressée. Il s’entraine avec tellement de volonté… on dirait qu’il est son propre combat !

_ C’est mon neveu ! Il est vrai qu’il se bat rudement bien…

_ Rudement bien ? Coupa Kitty. Je n’ai jamais vu un entrainement pareil ! On croirait qu’il s’est entraîné toute sa vie !

_ Mais c’est le cas, Kitty ! Hara est né pour le combat. C’est un excellent guerrier ! Mais un guerrier maudit par sa propre famille !

_ Que voulez-vous dire ?

_ Notre famille possède un pouvoir unique, mais seul le principal héritier peut prétendre à gouverner Nuada ! Aujourd’hui, c’est Cosette qui doit se préparer à me succéder ; et cela à n’importe quel prix ! Même si Hara arrive à devenir plus fort que moi !

_ Y’a pas photo, Hara est bien plus fort que Cosette ! Pourquoi ne peut-il pas devenir seigneur de Nuada s’il est plus apte que Cosette ? Elle, elle n’a pas envie de gouverner.

 _ Je sais qu’elle ne le désir pas ! Mais c’est son destin…

_ Pourquoi ne choisirions-nous pas notre destinée ? On a toujours des choix à faire ! Je commence à connaitre Cosette, et elle a soif de bouger ! Elle ne tient en place que parce qu’on l’y oblige, ici ! A Witchcarft, elle est toujours à aller de boutiques de nippes en boutiques de chaussures et même à manger toutes sortes de cochonneries ! Elle est complètement nulle en sport ! Elle ne respecte aucune règle ! Et avec sa façon étrange de jouer au badminton, elle me bat ! Elle me bat alors qu’elle est nulle ! Je commence à être jalouse…

            Le père de Cosette rit aux éclats.

_ Cosette a tout ce qu’elle désire ! reprit Kitty. Seulement, sa destinée, comme vous dites, l’empêche de s’épanouir en toute liberté ! Et…C’est pareil pour Râ !

_ Crois-moi Kitty ! expliqua sérieusement Augustin. Je fais mon maximum pour que tout le monde soit heureux. Je n’ai pas le droit de changer les traditions, je n’en ai pas le pouvoir. Mais à coté, je n’empêche pas à ma fille de faire ce qu’elle veut ! Et même quand elle sort les samedi soir en cachette, je ne la gronde pas. Par contre, elle ne sait pas que je sais, alors tu ne lui souffleras pas un mot ?

_ Compris ! Et pour Râ ?

 _ Il s’appel Hara !

_ Ah pardon !

_ Ce n’est pas grave ! Pour lui, je ne peux rien faire de plus que le loger et le nourrir. Il hait la famille principale depuis que son père est mort pour me sauver.

            Le seigneur Augustin s’approcha du guerrier maudit.

_ Hara, tu peux faire quelque chose pour moi ?

_ Hnn ! répondit-il.

_ Cette jeune fille veut apprendre à se battre et est fascinée par tes techniques de combats. Tu voudrais l’entrainer ?

_ Pfff ! souffla-t-il en jetant un regard haineux à Kitty.

_ Tu sais qu’entraîner quelqu’un, peut-être un excellent entraînement pour toi-même ?

_ Pourquoi une fille ?

_ Ben… Comment dire ?  On ne décide pas du sexe lors d’une naissance…

 _ Pas ce genre de chose ! Pourquoi c’est une fille que je dois entraîner ? D’accord pour vos filles mais pourquoi elle ?

            Kitty sentit ses pommettes se gonfler par la colère et ses pas la conduisirent malgré elle jusqu’aux deux nobles.

_ Ça te pose un problème, que je sois une fille, espèce de sexiste ? le réprimanda-t-elle.

_ Les filles sont nulles au combat !

_ Faut pas en faire une généralité ! Et puis, je suis là pour apprendre, pour m’améliorer !

_ Tu ne feras jamais de progrès !

_ C’est ce qu’on verra, peste du fou fieffé !

            Augustin-Sama se retint de ne pas rire aux éclats.

_ Alors prouve-le !

_ Eh ben enseigne-moi quelque chose !

            Le seigneur de Nuada laissa le nouveau maître et sa nouvelle élève à leur entraînement.

_ Essaye de frapper ça !

            Hara présenta à son élève un grand poteau en bois avec lequel il s’entrainait quelques instants auparavant.

_ Et avec quoi ?

_ Avec tes poings et tes pieds ! Tu ne m’as pas assez observé ?

_Heu… Si !

_ Alors cogne !

            Kitty brandit son poing et frappa de toutes ses forces sur le poteau en bois. Un  crac  se fit entendre. Hara ouvrait grand les yeux.

_ Comment tu as fait ça ?

_ J’ai… frappé de toutes mes forces !

_ Comment as-tu obtenu cette force ?

_ Ben… je ne sais pas moi ! C’est peut-être à force de sortir les poubelles, ou de faire de la cuisine ! Je crois que c’est grâce au pain et aux pâtes ! Ça demande de la force physique pour tout malaxer correctement !

            Hara se renfrogna. Il détourna le regard de la jeune fille comme si il était en colère. Toujours maussade, il lui demanda :

 _ Ça te dérangerais de m’apprendre à faire du pain ? sollicita-t-il innocemment en rougissant légèrement. En échange, je t’apprends à te battre avec précision et souplesse !

_ Ça marche ! s’enthousiasma-t-elle. Dis… tu peux m’aider à sortir mon poing du poteau ? J’ai un peu de mal…

            En effet, lorsqu’elle avait frappé de toutes ses forces dans le poteau, elle l’avait transpercé et à ce moment, elle avait du mal à retirer sa main. Il frappa à son tour dans le bois, où Kitty était bloquée et ressortit sa main en étant un peu ensanglanté.

_ On va soigner ça et après je vois ce que tu vaux dans un combat au corps à corps.

_ Heu… Je veux bien, mais… J’ai pas ton niveau !

_ Je ne mettrais pas toutes mes forces !

_ Je préfère ça ! Sinon, à plus la Kitty !

            Elle rit. Hara la dévisagea. Son rire était légèrement crispé, comme si elle faisait un effort colossal pour rire. Il l’emmena dans la demeure familiale et soigna les plaies de la jeune fille avec de l’alcool.

_ Tu ne crains pas l’alcool ? s’étonna-t-il.

_ Je suis immunisée ! Je parcours la forêt depuis que je suis toute petite et je m’écorche souvent. Donc à force de soigner, je ne sens plus ses petites douleurs physiques.  

            Hara la dévisagea de ses yeux glacés. Kitty en rougit tellement son regard était fixe.

_ On y retourne ! ordonna-t-il en se dirigeant dans la cours.

            Malgré la neige qui commençait à tomber dans cette matinée hivernale, l’entraînement de Kitty commença. Par une fenêtre qui donnait sur le combat d’Hara et Kitty, le seigneur de Nuada observait tout.

_ On dirait bien qu’Hara commence à ouvrir son cœur ! sourit-il.                

 

Rivertime: Le miroir des mondes

le 24/01/2009 à 20h52

Chapitre 9 : L’entrainement de Kitty

 




 



                Kitty lança un coup de poing à Hara. Il l’arrêta. Il lui envoya un coup de pied qu’elle se prit sous le menton. La jeune fille fut envoyée au sol.

 



_ Tu es trop lente ! critiqua Hara.

 



            Kitty lui fit un croche-pied qu’il évita d’un bond. Elle se releva en faisant elle aussi un saut sur ses pieds. Il tourna autour d’elle en la frappant de ses paumes.

 



_ C’était bien tenté ! reprit-il. Mais tu es trop pataude !

 



_ Pataude, pataude, pataude... Je ne suis pas pataude ! Seulement, pas très souple !

 



_ Economise ton souffle! ordonna-t-il. Tu en auras besoin ! 

 



            Kitty relança un coup de poing et enchaina un coup de pied qu’Hara arrêta sans difficulté. Lui attrapant la cheville, il la souleva d’une main.

 



_ Je te l’ai dit Kitty, tu es trop lente.

 



            La jeune fille grimaça et serra des poings contre son torse.

 



_ J’ai trop d’épaisseur ! prétexta-t-elle. Ça m’empêche de bouger !

 



_ Alors quitte ! ordonna-t-il.

 



            En deux mouvements, elle avait fait glisser la fermeture à glissière et jeter son blouson hivernal derrière elle. Kitty se rua sur son mentor qui la prenant par les épaules, bascula en arrière et la jeta à terre en s’asseyant sur elle.

 



_ Pfff ! rechigna-t-il. C’est grotesque !

 



            Il se releva la laissant à terre.

 



_ Quoi ? s’étonna-t-elle en se redressant. Qu’est ce qui est grotesque ?

 



_ Tu es nulle ! clarifia-t-il. Le combat n’est pas pour toi ! Rentre chez toi !

 



            Kitty frissonna, des larmes de glaces glissèrent sur ses joues.

 



_ Pas question ! pleura-t-elle.    

 



            Il lui tournait le dos. Elle commençait à grelotter de froid.

 



_ Je me suis jurée de devenir forte ! avoua-t-elle larmoyante. Toi qui est maudit, tu devrais savoir ce que c’est que d’être toujours rabaisser aux autres ! Tu devrais comprendre ce que ça fait de perdre ceux qu’on aime à cause de notre faiblesse…

 



_ On est fort ou on ne l’est pas ! dicta-t-il en lui tournant toujours le dos. On ne le devient pas !

 



_ Tu m’as promis que tu m’aiderais à devenir plus forte ! Tu m’as mentis ?

 



            Il resta silencieux.                                              

 



_ On a fait un marché ! reprit-elle. Tu m’apprends à me battre et moi je t’apprends à faire du pain !

 



_ Je trouverais autre chose ! annonça-t-il. Tu es plus mauvaise que Cosette ! Tu ne seras jamais forte comme tu le souhaite. On nait fort ou on nait faible ! Tu es faible et y’a pas pire que toi !

 



            Kitty s’effondra sur le sol glacé. Des flocons de neiges commencèrent à tomber.

 



_ Je te prouverais le contraire ! le défia-t-elle alors qu’il repartit.

 



            Les week-ends se succédèrent. Entre les cours, Cosette et Kitty se plaisaient à flâner dans les rues de Witchcraft, et spécialement dans les boutiques. Pourtant, un jour, la jeune tavernière se sentit irrésistiblement attirée dans un étroit passage. Il se présentait comme une bouche d’égout, juste assez grand pour que Kitty puisse s’y faufiler à quatre pattes. Il était incrusté dans une bâtisse juste en face d’une boutique de vêtements pour adolescentes. Cosette ne remarqua pas l’absence de son amie. Kitty avançait comme hypnotisée par cette étrange lumière verte phosphorescente que seule elle semblait voir. Elle déboucha dans une petite cours sombre. Devant elle, semblait briller un étrange livre épais et ancien. Elle le saisit et sembla être plongée dans l’obscurité. Un mince rayon de soleil apparut à travers l’étroit passage et Kitty s’y faufila à nouveau.

 



_ Ah te voila ! s’exclama Cosette qui la cherchait. Tu étais où ? T’es aussi sale que si tu t’étais aventurée dans les égouts !

 



            Kitty rougit.

 



_ Ben… C’est à peu près ça j’étais…

 



            Elle voulu lui montrer l’étroit passage qui l’avait conduite jusqu’au livre, mais il ne semblait plus là. Kitty fut surprise qu’il n’y ait qu’un mur derrière elle.

 



_ Ah ben ça alors ! s’exclama-t-elle. Il est où le passage ?

 



_ C’est quoi que tu tiens dans tes bras ?

 



            Cosette désigna l’étrange livre que son amie tenait dans ses bras.

 



_ On dirait un grimoire.

 



            Kitty observait le livre à son tour et l’ouvrit.

 



_ Ce sont des formules magiques ! Waouh !

 



_ Tu veux devenir sorcière ?

 



_ Pourquoi pas ? Je peux disposer de tous les ingrédients nécessaires à une potion, vu qu’avec ma mère on détient une taverne !

 



_ Et quel genre de sorts ou de potions va tu faire ?

 



_ Je vais faire quelque chose pour devenir plus forte ! Je montrerai à ton satané cousin de mes deux, que je peux devenir plus forte que je ne l’étais avant !

 



_ C’est pas de la triche ?

 



_ Non ! Pas vraiment ! Je trouve n’importe quel moyen pour devenir forte et ça c’est pas interdit tant que je ne fais de tors à personne !

 



            Kitty glissa son grimoire dans son sac de cours. Le soir, elle le feuilleta pour trouver quelque chose d’intéressant.

 



_ Alors voyons voir ! Shampoing ! Après-Shampoing ! Le lait démaquillant ! Le tonique ! La crème ! Le gommage ! Le masque pour peau sèche ! Le masque pour peau grasse ! Le stick pour les lèvres ! Le soin pour les mains ! Le dentifrice   Mais c’est des recettes spéciales Cosette ou quoi ? S’il y avait au moins un lexique ou tout simplement un ordre alphabétique, ce serait bien ! Rituel de malédiction… La magie noire ce sera pour plus tard ! Pour enlaidir une rivale… Mais c’est tout pour Cosette, ma parole ! La pierre d’énergie ! Tiens ce serait un bon commencement ! Etre plus énergique ce serait pas mal !... Zut il me faut une baguette magique ! Baguette ! Il faut que je trouve comment on fabrique une baguette ! Ah ! Super !

 



_ Kitty ! l’appela sa mère.

 



Sursautant, la jeune fille ferma son livre et le cacha dans un des tiroirs de son bureau.

 



_ Oui, maman ? répondit-elle.

 



_ Ne veille pas trop tard, tu as école demain !

 



_ Bien maman !

 



            Elle entra dans la chambre de sa fille et l’embrassa avant d’aller se coucher. Kitty reprit alors son grimoire et rechercha sa page.

 



La baguette magique.

 



Utilisée très fréquemment en magie, la baguette magique doit être faite par le sorcier qui va l’utiliser. Voici quelques principes :

 



Le lendemain de la pleine Lune, prendre un bout de pain ou un fruit et partir en forêt où dans un endroit ou il y a des arbres. Une fois sur place, faites un peu le vide en tête, prenez le temps…Songez à cette baguette puis psalmodiez : 

 



« Lumière toute puissante, guide-moi vers la branche qui m’est destinée. Qu’il en soit ainsi »

 



Puis marchez en laissant votre regard fuir au sol. Il s’arrêtera sur « LA » branche qu’il vous faut. Si un doute vous envahit : ce n’est pas la bonne… continuez…

 



Une fois trouvée, ramassez la avec déférence et placez à l’endroit précis la nourriture que vous avez emmené. Dites :

 



« Je te remercie de m’avoir guidé jusqu’à toi. Je te remercie
la Terre
, l’Arbre et les esprits de la forêt pour ce don qu’ils me font et voici en retour ce … que j’offre avec plaisir et amour »

 



Emmenez la branche. Une fois chez vous, coupez les petits branchages puis enlevez l’écorce. Laissez sécher 7 jours puis commencez à passer DOUCEMENT un papier de verre fin pour la rendre lisse. Recommencez un peu chaque jour jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement à votre goût. Vous voilà maintenant doté de votre baguette. Elle vous servira pour tracer votre cercle, des signes magiques dans l’air, diriger les énergies,…  

 




 



Kitty respecta soigneusement ce que lui dictait le livre. Elle fit une baguette dans les règles, dans les temps indiqués avec une branche d’orme, qu’elle avait trouvée dans la forêt d’Eden. Pour remercier les esprits de
la Nature
, elle laissa à la place de la branche des petits gâteaux qu’elle avait préparés avec sa mère.

 



 Pendant plusieurs semaines, Cosette ne vit plus Kitty venir chez elle pour se battre.

 



_ Je délaisse le combat ! lui dit-elle un jour au lycée. Je veux découvrir combien je suis forte et pour le moment je m’adonne à la magie ! Un de ces jours je reviendrai et qui sait ? Je mettrais peut-être enfin une raclée à ton cousin si … si… si… Arght ! Comment dire ?

 



_ Agaçant ?

 



_ Non pas agaçant ! Si…

 



_ C’est si important ?

 



_ En fait non ! Tu as raison ! Mais c’est une tête de bourrique ! Un…

 



_ Abruti ?

 



_ Non, que même pas ! Il est malin ! Mais il est si… détestable !

 



« Et pourtant il n’a pas une vie facile ! » se dit tristement la petite sorcière. C’est ainsi que fut l’entrainement de la sorcière novice : magies et plus tard, elle reprit aussi les combats ! Parfois elle s’entraînait avec Cosette, l’obligeant à arrêter les manucures de temps à autres, parfois elle s’entrainait avec Augustin-Sama en personne, parfois avec Fujiwara, la petite sœur de Cosette.  Mais plus souvent, elle s’entrainait avec Hara, qui n’hésitait pas à la faire pleurer, ni la frapper assez fort pour qu’elle ait mal. Kitty ne constata aucune douceur chez lui, seulement de la haine et du mépris. Quelque chose le rendait glacial au plus profond de son être, peut-être la malédiction ?

 


Rivertime: Le miroir des mondes

le 25/01/2009 à 11h38

Chapitre 10 : Jalousie entre filles

 



               

 



Depuis le décès de son père,  Kitty n’était que rarement retournée dans la forêt d’Eden. Ana-Lyse comprenait très bien que sa meilleure amie devait aider sa mère à la taverne encore plus qu’avant. Comme elle regrettait le temps où elles se voyaient tous les jours, que ce soit après les cours de Kitty, car Ana-Lyse était trop pauvre pour aller à l’école, ou alors, lorsque déguisées, la nuit en secret, elles parcouraient les rues de Nuada pour sauver la ville… Le nombre incalculable de chats qu’elles avaient descendus de leur arbre, depuis leur enfance ! « Toujours les mêmes qui se coincent ! » avait pensée la paysanne. Ce qu’elles faisaient sinon, c’était de parcourir le cimetière pour faire des photos ou entretenir les tombes, se racontant des histoires effrayantes. Elles parcouraient aussi la forêt d’Eden, dansant sous les étoiles, chantant au coin du feu, en remerciant la nature d’avoir un jour, fait en sorte qu’elles se soient rencontrées.

 



_ Comme tu me manque mon amie ! soupirait Ana-Lyse allongée sur son lit à feuilleter d’anciennes revues sur la mode Sombre Marquise.

 



Sa revue datait de la jeunesse de sa grand-mère, mais Ana-Lyse rêvait depuis toujours qu’elle porterait au moins une fois dans sa vie, une telle robe ! C’était Kitty aussi, qui lui avait apprit à lire. Sans Kitty, mais que serait-elle ? Juste une pauvrette, fille d’un bûcheron et d’une paysanne, sans intérêt. Et depuis quelques temps, Ana-Lyse se sentait vraiment délaissée : Kitty n’était plus aussi présente chez elle qu’auparavant ! Quelle en était la cause ? Ana-Lyse apeurait que son amie l’oublie après toutes les années communes qu’elles avaient passées ensemble. Un jour, elle se décida à aller voir de ses propres yeux sa meilleure amie, chez elle.

 



_ Bonjour madame Andrieu ! claironna-t-elle en entrant dans la taverne.

 



             C’était un samedi après-midi, il était environ 15 heures, et la taverne était presque vide.

 



_ Bonjour Ana-Lyse ! la salua gracieusement la tavernière.

 



_ Kitty est là ?

 



_ Non, pas aujourd’hui ! Elle est chez Augustin-Sama, elle passe le week-end avec sa copine Cosette. Tu veux que je lui dise que tu es passée, lorsqu’elle rentrera ?

 



_ Elle a une nouvelle amie ?

 



_ Oui ! La fille ainée d’Augustin-Sama. Quand elle rentrera je lui secouerai les plumes pour qu’elle reprenne contacte avec toi !

 



Ana-Lyse rit.

 



_ Pendant longtemps j’ai du garder Kitty avec moi pour faire remonter les affaires, expliqua-t-elle. A présent, elle est beaucoup occupée entre le lycée et est très souvent invitée chez les Kido, les week-ends. Elle apprend à se battre avec eux, et je crois qu’elle n’est pas beaucoup ménagée : un jour, je l’ai vu revenir avec le poing droit bandé et  d’innombrables bleus !

 



            L’adolescente commença à avoir peur : son amie se faisait-elle battre par les sages guerriers de Nuada ? Kitty était la douceur et la sauvagerie incarnée à ses yeux, pourquoi voulait-elle apprendre à se battre ? C’est là qu’elle comprit ! Ana-Lyse connaissait Kitty depuis l’enfance et savait donc que la discipline n’était pas son fort. Si Kitty voulait apprendre dans ce domaine, c’est qu’elle se sentait faible. Etait-ce une conséquence du décès de son père ? Surement que oui ! Kitty était autrefois tombé dans un piège de braconnier, à l’âge de  8 ans. Elle s’était débattue comme une furie avec sa cheville ensanglantée à cause du piège en fer. Elle avait finalement réussit à se libérer par la seule force de sa volonté. Les adolescentes n’avaient rien compris, mais Kitty s’en était sortit. Ana-Lyse avait compris ce jour-là que son amie n’était peut-être pas aussi forte physiquement et mentalement que sa mère, cependant, elle avait hérité de toute sa volonté. Et ce jour-là, Ana-Lyse comprit que la volonté de son amie était de devenir plus forte physiquement. Elle, la pauvrette de Nuada, elle ne pouvait rien lui apprendre dans ce domaine : elle ne savait pas se battre. Ana-Lyse détesta ce sentiment d’infériorité et d’inutilité.   

 



 _ A quelle heure Kitty revient-elle de Witchcraft, les soirs ? demanda-t-elle.

 



_ Normalement elle revient vers les 20 heures ! lui apprit la mère de son amie.

 



_ Je reviendrais dans ce cas vers ces horaires ! A lundi madame Andrieu !

 



_ Attend Ana-Lyse ! la somma Mme Andrieu.

 



            Elle offrit à la meilleure amie de sa fille des petits gâteaux qu’elle emporta avec elle. Le lundi, Ana-Lyse se rendit chez sa meilleure amie afin de l’y retrouver. Quel bonheur ce fut pour toutes les deux de se retrouver après ces longs mois de séparation et de négligence. Kitty s’en voulait d’avoir négligé sa meilleure amie et lui promit que dorénavant, elles se retrouveraient aussi souvent qu’elles le pourraient. Se retrouvant dans la chambre de la sorcière novice, elles discutèrent de tout ce qui s’était passé durant les dix mois qui les avaient séparés.

 



_ Il parait que tu apprends à te battre avec les Kido ? interrogea Ana-Lyse.

 



_ Qui te l’a dit ?

 



_ Ta mère.

 



_  C’est vrai, mais je ne suis pas très forte et Hara n’arrête pas de me le faire remarquer, il lui arrive même de me faire pleurer !

 



_ Qui est cet abruti qui ose te faire pleurer, toi la douce sauvage des bois d’Eden ?

 



            Kitty éclata de rire.

 



_ Hara est mon principal mentor ! expliqua-t-elle. C’est vrai qu’il est très brusque et très froid, mais il y a quelque chose dans son regard qui…

 



_ Qui t’attire ?

 



_ Oui ! Heu…NON !!! Ça ne va pas ? Je te l’ai dit froid ? Il est glacial ! Les Royaumes du Nord semblent caniculaires comparé à lui !

 



            Elles éclatèrent de rire.

 



_ Eh ben ! constata Ana-Lyse. A ce point là ! Je ne peux pas grand-chose pour toi ma petite !

 



_ Eh !! s’indigna Kitty. Comment ça petite ? C’est toi la plus petite de nous deux !

 



_ Je suis plus jeune ! corrigea-t-elle. Mais en taille c’est moi qui gagne en centimètres !

 



            Kitty sortit son grimoire du tiroir de son bureau.

 



_ Tu vas voir si je te ratatine avec mon bouquin, si je ne serais pas plus grande que toi !

 



_ Je te battrais toujours dans un domaine ou dans un autre ! la nargua la brunette. Car mes cheveux sont deux fois plus longs que les tiens en étant bouclés !

 



_ Et si je prends les ciseaux, Boucles-Brunes ? Tu vas faire quoi ?

 



_ Si tu me les coupes, tu es morte !

 



            Kitty se figea sur place et blêmit. Ana-Lyse se rendit compte qu’elle avait fait une erreur : Bien qu’elle n’ait pas été avec sa meilleure amie durant 10 mois, elle n’avait en rien oublié ses blessures ! Kitty était encore fragilisée par le meurtre de son père et la dernière chose au monde qu’elle désirait, c’était de plaisanter à propos de la mort. Dire « je vais te tuer » ou « tu es mort » par plaisanterie, donnait à Kitty, une terrible envie de pleurer, voir de mourir pour de vrai !

 



_ Pardon ! se navra Ana-Lyse. Ça m’a échappé !

 



_ Pas grave ! mentit Kitty en s’efforçant de retrouver le sourire. Je peux te confier un secret ?

 



_ Les meilleures amies c’est fait pour ça ! A moins que la fille d’Augustin-sama soit devenue ta confidente attitrée ?

 



_ Cosette ? Impossible ! Je ne peux pas en placer une avec elle ! C’est toujours : « Et mes cheveux sont bien coiffés ? », « Et mon nez est suffisamment poudré ? », « Et mes fesses ? Mes fesses ne sont pas trop plates ? »…

 



            Ana-Lyse était pliée en quatre.

 



_ Quelle potiche ! critiqua-t-elle. Elle ne serait pas un peu blonde cette fille ?

 



_ Si !

 



_ Elle a les yeux bleus ?

 



_ Oui !

 



_ Ah ben c’est normal : c’est qu’elle a de l’eau dans la tête !

 



            Elles rirent toutes deux.

 



_ C’est vrai qu’elle est un peu chiante comme fille, et aussi très envahissante : elle loge dans une tour ! Sa chambre est au sommet d’une tourelle, elle a un lit à baldaquins, une machine à coudre des tonnes de tissus en vrac… Toute sa chambre est en vrac ! Elle est bordélique…

 



_ Ça me rappelle ma meilleure amie…

 



_ Pire que moi !

 



_ Houlà, frayeur ! Pire que toi ? J’ai du mal à imaginer !

 



_  Arrête de te moquer !

 



_ Mais si cette fille est si chiante, pourquoi restes-tu avec elle ?

 



            Kitty sembla réfléchir un moment.

 



_ Elle est très gentille, généreuse et elle est vraiment très attachante… Tu devrais la rencontrer !

 



_ Non merci ! apeura Ana-Lyse. Les gens fortunés, je ne m’en approche pas !

 



_ Elle n’est pas méchante pour un sou !

 



_ M’en fout, les princesses paillettes et contes de fées, je ne peux pas me les voir !  Sinon ton secret c’est quoi ? Pour en revenir à un sujet intéressant !

 



_ Je suis une sorcière… Parce que Cosette n’est pas intéressante ?

 



_ Princesse  je vis au sommet d’une tour genre Rapunzel ? Le jour où je deviens amie avec ce genre de fille, je te donne l’autorisation de me couper une mèche… T’ES UNE QUOI ?

 



            Kitty éclata de rire sous le regard hagard de sa meilleure amie. Elle lui expliqua que depuis deux mois, déjà, elle s’exerçait avec quelques potions, et des objets magiques, qu’elle avait elle-même fabriquée par ses soins : une baguette magique et une pierre d’énergie.

 



_ Je me sers même de la magie pour apprendre mes leçons ! avoua-t-elle.

 



_ Et ça marche ?

 



_ Bien sûre !

 



_ Tu n’as pas peur que ça devienne une drogue ?

 



_ Non ! J’y vais modérément, je suis encore apprentie sorcière, je ne suis pas encore une véritable sorcière.

 



_ Quand le seras-tu ?

 



_ Quand j’aurai réussit un puissant sortilège ! Je tiens à être vraiment forte !

 



_ Je sais ça ! avoua Ana-Lyse. Je l’ai deviné, je te connais par cœur. On est amie depuis combien de temps ?

 



_ Bien dix ans je dirais…

 



_ Tes sentiments n’ont aucuns secrets pour moi !

 



_ Pareil !

 



            Elles discutèrent une bonne partie de la nuit avant d’oser se coucher. Ana-Lyse dormit avec Kitty dans le petit lit de cette dernière, comme autrefois. Toutes les nuits, elles allaient soit chez l’une soit chez l’autre, afin de rattraper le temps perdu. Le samedi matin, elles s’en allèrent puiser de l’eau dans le puits au cœur du village, afin que les Duboeuf aient de l’eau claire pour le repas, la lessive, le ménage et la toilette ; lorsqu’une voix appela Kitty, tout à coup.

 



_ KITTY !!

 



            Ana-Lyse vit une jolie blonde venir à leur rencontre.

 



_ Je vais au marché ! s’exclama-t-elle. Tu veux venir avec moi ?

 



_ Désolée Cosette, aujourd’hui j’aide Ana-Lyse à puiser de l’eau !

 



_ Ce n’est pas en puisant de l’eau que tu arriveras un jour à me battre !

 



            Une voix sarcastique fit la pauvrette se retourner. Un jeune homme aux longs cheveux de jais, au regard vide et glacé, à la peau légèrement rosée et aux vêtements de guerriers orientaux était assit sur la margelle à coté d’elle. « Comment a-t-il fait pour arriver si vite, ici ? » se demanda-t-elle en reculant d’un pas.

 



_ Ce n’est pas en me faisant pleins de bleus que tu m’apprendras à avoir ne serais-ce qu’un dixième de ta force, Hara ! lui reprocha l’apprentie sorcière. Au moins, en puisant de l’eau, je me fais les muscles, je ne frappe pas dans le vide !

 



            Il eut un rire moqueur.

 



_ Continue comme ça et jamais tu ne me battras !

 



_ Qui te dit que c’est toi que je veux battre ? Siffla Kitty.

 



            Elle partit dans une grande dispute contre Hara, qui restait impassible devant la colère son élève. Pendant ce temps, Cosette tapota sur l’épaule d’Ana-Lyse.

 



_ Excuse-moi ! la sollicita-t-elle. Tu es une amie de Kitty ?

 



            Ana-Lyse lui sourit un peu gênée.

 



_ Oui, Kitty et moi sommes amies depuis l’enfance ! affirma-t-elle.

 



            Cosette réfléchit un instant.

 



_ Je vois… Une amie d’une amie… Alors nous sommes amies aussi !!!

 



            Elle lui serra la main enthousiaste alors qu’Ana-Lyse se sentait secouée de tous les cotés. Elle eut envie de la gifler mais n’en fit rien.

 



_ Je ne sais pas ce qui me retient de te gifler ! avoua Kitty à Hara.

 



_ Tu n’y arriverais pas ! se moqua-t-il.

 



            Kitty se sentait excédée ! Elle prit son seau rempli d’eau, voulu le jeter à la figure de son maître de combat, mais il était si rapide qu’il se retrouva derrière elle, la soulevant de terre en la serrant contre lui, le dos de la jeune fille contre son torse à lui. L’eau, elle, elle avait atterrit sur Ana-Lyse. La jeune paysanne hurla à ce contact : elle était trempée jusqu’aux os et frigorifiée à cause des températures hivernales de ce mois de janvier.

 



_ Lâches-moi, peste de la carogne !

 



            Hara fut interloqué.

 



_ Peste du fou fieffé, ça passait encore, mais carogne ! Je suis un homme je te rappel!

 



_Oh ben tiens, c’est bizarre, je n’avais pas remarquée ! ironisa Kitty.  Enfin quelque chose qui t’atteint ! 

 



_ C’est pas pour vous interrompre ! se désola Cosette. Seulement, y’a ma nouvelle amie qui est complètement gelée jusqu’aux os !

 



            Kitty s’échappa de l’étreinte d’Hara pour se réfugier auprès de sa meilleure amie. Elle lui enleva sa vieille cape de laine noire trempée pour lui mettre son blouson et lui mit de force ses sabots de bois qu’Ana-Lyse refusait de mettre à ses pieds chaussés.

 



_ Tu as déjà trop fait de me donner ton blouson, ne me demande pas de mettre tes sabots ! la gronda-t-elle.

 



_ Tu veux tomber malade ? la gronda à son tour Kitty.

 



_  Les filles… sollicita Cosette.

 



_ QUOI ???

 



_ Si vous voulez on peut aller chez moi, je vous offre le thé et à faire sécher les vêtements de ma nouvelle amie !

 



            Les filles la regardèrent abasourdies et sans rien comprendre, elles se retrouvèrent toutes les trois dans la chambrette de Cosette au sommet de la tourelle, de la demeure des Kido. Ana-Lyse n’était pas très à l’aise : la chambre de Cosette était entièrement rose ! Or, Ana-Lyse détestait les couleurs : elle était toujours vêtue de noir, et parfois elle ajoutait un peu de blanc ou de rouge, mais jamais de rose, oh ça non ! Et pourtant, pour se sécher, elle avait été obligée d’utiliser une serviette de bain rose pâle.

 



_ Tu veux que je te prête des vêtements ? lui proposa son hôtesse.

 



_ Non ! s’écria-t-elle en s’imaginant mal porter une robe et des rubans, le tout rose. Je veux dire, merci mais je vais attendre que mes vêtements aient séchés.

 



            Cosette sortit de son armoire une magnifique robe dans le genre marquise, faite de velours noirs et de satin rouge, la robe rêvée pour Ana-Lyse. Elle en eut le souffle coupé.

 



_ Dommage, se désola Cosette, j’avais remarqué que les couleurs faisaient encore moins partie de ta vie que pour Kitty, et j’espérais que tu voudrais prendre cette robe !

 



_ Elle est vraiment magnifique ! souffla Ana-Lyse en la palpant.

 



_ Tu ne me l’as jamais proposée celle-là ! fit remarquer Kitty.

 



            Cosette lui sourit.

 



_ Tu aimes la simplicité ! lui expliqua-t-elle. Je savais qu’elle n’était pas pour toi mais pour une fille d’exception!

 



            Ana-Lyse avait déjà revêtue la robe : elle la saillait parfaitement ! Des larmes coulèrent alors sur son visage. Elle avait des regrets, ses regrets qui étaient de la jalousie envers la généreuse Cosette : comment une fille aussi riche, si… blonde, pensa Ana-Lyse, pouvait avoir un cœur en or ? Une potiche pareille avait réalisé son plus beau rêve : porter un jour une robe digne d’une marquise gothique où d’une déesse ténébreuse. Dans cette robe, Ana-Lyse ressemblait une vampiresse : sa peau naturellement blanche ressortait complètement avec la sombre robe, ses longues boucles d’ébène qui retombaient lâchement sur les courbes de ses hanches et ses yeux bleus-verts qui ressortaient derrière le khôl noir que lui mit à disposition Cosette, qu’elle lui offrit à cœur joie.

 



_ Merci !

 



            Jamais de toute sa vie, Ana-Lyse n’était revenue sur une décision : elle qui détestait Cosette avant même de la connaître, à cause des dires de sa meilleure amie, avait une toute autre vision à présent et affectionnait beaucoup la nouvelle personne qui l’acceptait. Ana-Lyse était toute chamboulée.

 



_ Ah non, fallait pas pleurer ! lui reprocha Cosette.  Je vais pleurer aussi, et tout mon maquillage va couler ! J’ai mit toute la matinée à me poudrer mon beau visage…

 



            Déjà Ana-Lyse ne l’écoutait plus, en fait, Cosette était bel et bien comme l’avait décrite Kitty : narcissique, chiante, mais attachante. Quel était donc ce mélange de haine et d’amitié ? Ana-Lyse avait autant envie de taper Cosette que de l’étreindre dans ses bras.

 



_ Je préfère te prévenir ! lui annonça Ana-Lyse. Je n’aime pas vraiment les gens narcissiques comme toi ! Mais ayant appris à te connaitre, je sais que tu aimerais qu’on soit amie, et je veux bien aussi malgré certaines de tes caractéristiques ! Je vais être franche  avec toi comme se le doivent les vrais amis : je te dirais toujours ce que je pense, que ça te plaise ou non et j’aurai certainement envie de te frapper par moment, alors ne t’étonne pas si en faisant une remarque narcissique, je te tombe dessus !

 



            Cosette fut choqué que l’on soit si franche avec elle.

 



_ D’accord ! accepta-t-elle. Jamais on a été si franche avec moi viens dans mes bras mon amie !

 



            Ana-Lyse fut surprise de l’étreinte de Cosette et étouffa un cri.

 



_ Si tu me tape, j’aurai une raison de reprendre le combat, ça fera plaisir à ma famille ! souffla-t-elle.

 



_ Ah ben si t’arrive mieux à la motiver que moi je te tire ma révérence ! avoua Kitty à Ana-Lyse.

 



            Elles rirent.

 



_ Au fait tu t’appelle comment ? demanda Cosette à Ana-Lyse.

 



            Ce fut la première claque qu’elle reçut : on ne demande pas à ses amis de se présenter, on sait qui ils sont ! Ce fut l’explication donnée à la fille du seigneur.